Une étude prouve, pour la première fois, que manger bio réduit le risque de cancer

A ceux qui hésiteraient encore entre manger bio ou pas, une étude vient de prouver que les consommateurs réguliers d'aliments bio voient le risque de cancer diminuer de 25%.

Manger régulièrement des aliments issus de l’agriculture biologique permettrait de réduire de 25% les risques de cancer. Telle est la conclusion d’une étude publiée ce lundi 22 octobre dans la revue médicale Jama Internal Medicine

Pour arriver à ce résultat, Julie Guyot et Emmanuelle Kesse-Guyot ont suivi de 2009 à 2016 les habitudes alimentaires de près de 70 000 personnes, dont une majorité de femmes, classés en quatre grands groupes selon la fréquence de leur alimentation bio. Les caractéristiques sociodémographiques, de modes de vie ou nutritionelles ont également été prises en compte pour limiter l'influence d'autres facteurs qui pourrait biaiser les résultats.  

Une diminution de 25% du risque de cancer, tous confondus

En observant la répartition des 1340 nouveaux cas de cancers apparus sur la période étudiée, "une diminution de 25% du risque de cancer (tous types confondus) a été observée chez les consommateurs "réguliers" d'aliments bio comparés aux consommateurs plus occasionnels". La baisse est encore plus marquée pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34%) et pour les lymphomes (-76%), un type de cancer du sang.  

Pour expliquer ces différences entre les différents groupes, les chercheurs de l'Inra avancent plusieurs hypothèses. Notamment une présence de résidus de pesticides synthétiques beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus d'une agriculture conventionnelle, comparés aux aliments bio.  

D'autres études à mener

"Le lien de causalité - entre cancer et pesticides - ne peut pas être établie" avec cette seule étude, a affirmé Emmanuelle Kesse-Guyot, directrice de recherche à l'Inra, interrogée ce mardi sur Franceinfo, interrogée ce mardi. "Il faudra beaucoup d'études avec des résultats répliqués dans d'autres situations pour aboutir à un consensus scientifique".  Car comme l’ont déjà prouvé des études antérieures, les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, fument moins, pratiquent plus régulièrement de l’exercice physique ou encore appartiennent à des catégories sociales plus élevées que la moyenne. Autant d’éléments qui peuvent également influer sur les résultats.