Dire ce qui ne va pas sexuellement ?


Malgré l’abondance d’informations sur la sexualité, nous sommes encore victimes d’idées reçues qui compliquent notre vie sexuelle. Chaque mois, Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, remet à sa place l’une de ces croyances.

« Notre société a fait de la sexualité le révélateur de la bonne santé du couple. Elle lui donne une importance démesurée alors qu’elle est d’abord un jeu, où les partenaires se cherchent et passent parfois à côté l’un de l’autre… Les loupés ne sont pas un drame, surtout lorsque le couple existe depuis longtemps et qu’il les prend avec humour et complicité. De quelle difficulté s’agit-il ? De la nôtre ? De celle de notre partenaire ? Souhaitons-nous – cas assez fréquent – en parler pour rendre l’autre responsable de notre insatisfaction ? Pourtant, c’est à nous de créer la dynamique pour atteindre la jouissance. Penser que l’autre doit combler nos manques et nos insuffisances relève en effet d’une attitude immature. Alors, faut-il ne rien dire ? Non, bien sûr, car la mésentente sexuelle peut devenir source de souffrance.

S’il est inutile et vain de livrer par le menu nos préférences, il vaut mieux reconnaître qu’une pratique ne nous plaît guère et agir en amenant les mains à nous caresser autrement, par exemple. Si ce n’est pas assez, il faut alors en parler. Car attendre en boudant que l’autre finisse par comprendre que nous ne sommes pas satisfait nous place dans une position infantile. Nous ne sommes plus des bébés livrés à la merci de parents censés pourvoir à tous nos besoins.

Prendre la parole dans ce cas-là, c’est se positionner en tant qu’adulte. Mieux vaut parler de soi, de son ressenti, de ses propres déficiences, avec des mots bienveillants, pour éviter que la rancoeur s’accumule et nous amène à prononcer des horreurs. Et rappelons-nous que notre jouissance n’appartient qu’à nous, et à nous seuls. »