Contraception définitive : comment cela se passe?


Adieu stérilet, pilule et préservatif! Certains couples font le choix de se mettre définitivement à l’abri d’une grossesse en choisissant la stérilisation. Ils témoignent.

Contraception définitive: les démarches

Cette démarche qui reste peu habituelle est soumise à des règles strictes. La loi du 4 juillet 2001 relative à la contraception autorise la stérilisation à visée contraceptive chez toute personne majeure capable de donner un consentement éclairé, quels que soient son âge, le nombre de ses enfants et l’avis de son conjoint. Pour les hommes, une seule technique : la vasectomie, une intervention mécanique qui coupe le lien entre l’usine de fabrication des spermatozoïdes (testicules) et le lieu de stockage (vésicules séminales). Les femmes ont à leur disposition deux méthodes qui consistent à obstruer les trompes afin d’empêcher la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes.

La stérilisation à visée contraceptive

L’intervention visant à la stérilisation doit être pratiquée dans un établissement de santé, après une information complète et objective, un délai de réflexion de quatre mois et un consentement écrit du demandeur.
La contraception définitive est remboursée par l’Assurance maladie (100 % pour la ligature des trompes et la procédure Essure™, 80 % pour la vasectomie). Le forfait hospitalier et les éventuels dépassements d’honoraires restent à la charge du patient ou de sa mutuelle.
Cet acte est en principe irréversible même si, à titre exceptionnel, certaines femmes peuvent bénéficier d’une reperméabilisation des trompes, mais sans garantie de succès.

Contraception définitive: l'implant

Les explications du Dr Sergine Heckel
Gynécologue à l'hôpital Saint-Joseph Saint-Luc (Lyon)

Pour qui?

Le procédé Essure™ s’adresse aux femmes qui en ont assez des contraceptifs, ne leur font pas confiance ou ne les supportent pas et ne veulent pas prendre le risque d’une grossesse. Après 35 ans, il y a aussi celles qui fument, ont les jambes lourdes… Les contre-indications concernent les personnes qui prennent en continu un traitement à base de corticoïdes, car ces médicaments retardent le processus de cicatrisation . C’est aussi déconseillé en cas d’infection génitale non traitée ou encore d’allergie au nickel, car ces implants contiennent un alliage de nickel et de titane. Et, bien sûr, en cas de grossesse en cours.

Comment ça se passe?

Inutile d’être à jeun, mais l’intervention se programme de préférence après les règles. Avant, la femme prend des antispasmodiques et des anti-inflammatoires. On glisse un endoscope (petit tube de 3 à 4 mm de diamètre) par le vagin, puis par le col de l’utérus jusqu’à la cavité utérine. Le gynécologue repère l’entrée de la trompe et dépose un micro-implant dans chaque trompe. La procédure ne dure pas plus de 4 à 5 minutes. Ce n’est pas plus douloureux que la pose d’un stérilet et à peine plus long. La femme sort aussitôt et reprend ses activités.

Qu’est-ce qui change?

Au bout de douze semaines environ, les trompes sont obstruées, et ne sont donc plus en état de fonctionner. Cette obstruction est purement mécanique, donc sans hormone, ni effets secondaires, ni risques pour la patiente qui la choisit.

Qu’est-ce qui ne change pas?

La femme continue d’avoir ses règles comme avant la pilule et cette intervention ne laisse aucune cicatrice.

Quelles sont les suites?

Il n’y en a aucune. Les expulsions du dispositif sont rarissimes, dès lors qu’il a été mis en place par un gynécologue rompu à cette technique.

Quelle est l’efficacité?

Pendant trois mois, la patiente doit garder son mode de contraception habituel jusqu’à la cicatrisation complète autour des implants. Ensuite, elle peut se passer de tout moyen de contraception . Le taux d’efficacité est proche de 100 %. À ce jour, dans toutes les études de suivi à cinq ans, aucune grossesse n’a été constatée lorsque la procédure a été respectée.

Témoignage de Blanche, 39 ans, mère de 5 enfants .

Contraception définitive: la ligature des trompes

Les explications du Dr Catherine Anguill, gynécologue à La Rochelle

Pour qui ?

Les femmes qui ne peuvent bénéficier de la procédure Essure™ et celles qui veulent une efficacité immédiate.

En quoi ça consiste?

Le chirurgien réalise une occlusion immédiate des trompes.

Comment ça se passe?

Par cœlioscopie, sous anesthésie générale. Le chirurgien pratique deux petites incisions (au niveau de l’ombilic et au-dessus du pubis), puis il introduit une fibre optique afin de visualiser la cavité abdominale sur écran. Ensuite il a le choix entre deux techniques : obstruer les trompes avec un clip (sorte d’agrafe) ou un anneau, ou encore les coaguler avant d’en retirer un morceau. Cela ne dure pas plus de vingt minutes. Le chirurgien peut profiter de l’analgésie pour retirer le stérilet de sa patiente (si elle en a un) avant d’intervenir.

Qu’est-ce qui change ?

Les trompes ne permettent plus le passage des spermatozoïdes et leur rencontre avec l’ovule.

Qu’est-ce qui ne change pas?

La femme continue d’avoir ses règles comme avant.

Quelles sont les suites?

Il existe toujours un risque lié à l’anesthésie générale . Les complications postopératoires sont rares et généralement bénignes.

Quelle est l’efficacité?

Immédiate à 99%. La patiente repart juste avec un antalgique de niveau 1 (paracétamol ou ibuprofène) et éventuellement deux ou trois jours d’arrêt maladie.

Témoignage de Laure, 36 ans, mère de 2 enfants

Contraception définitive: la vasectomie

Les explications du Dr Jean Launay, médecin généraliste attaché au centre Simone Veil (centre de planification et d'IVG) de Nantes

Pour qui ?

Tout homme qui veut prendre le relais de sa femme, en matière de contraception . Les contre-indications sont rares. Dans le cas d’une infection, d’une mycose sur la peau ou d’une hernie importante, l’intervention sera simplement reportée après la fin du traitement.

En quoi ça consiste?

Il s’agit de ligaturer, afin de les sectionner, les canaux déférents logés dans les bourses. Ainsi les spermatozoïdes ne peuvent plus remonter vers la verge.

Comment ça se passe?

De plus en plus souvent, sous anesthésie locale. Le médecin injecte un anesthésique dans la peau du scrotum pour supprimer toute sensation douloureuse. Ensuite, il incise la peau sur environ 5 mm, afin de sortir doucement le canal déférent. Il l’incise en deux endroits distants de 2 cm l’un de l’autre, puis glisse à l’intérieur une pointe chauffante pour faire une électrocoagulation et ainsi former un bouchon. Il ligature alors le canal déférent aux deux incisions et retire le petit segment entre les deux. En moins d’une demi-heure, tout est terminé. L’homme repart dès la fin de l’intervention et peut reprendre ses activités le jour même.

Qu’est-ce qui change?

Le sperme ne contient plus de spermatozoïdes, et donc plus aucun pouvoir fécondant. C’est pourquoi le médecin propose systématiquement à la personne de déposer du sperme dans un Cecos (Centre d’études et de conservation des œufs et du sperme) avant l’intervention, au cas où il voudrait un enfant plus tard (sachant que l’utilisation du sperme congelé ne garantit pas une grossesse ).

Qu’est-ce qui ne change pas?

La virilité de l’homme, son apparence physique et son désir sexuel restent les mêmes. La qualité de l’érection, de l’éjaculation et de l’orgasme aussi. Contrairement à une idée répandue, la vasectomie ne favorise pas le cancer de la prostate et n’accélère pas l’andropause.

Quelles sont les suites?

L’incision cicatrise spontanément en moins d’une semaine. Du paracétamol suffit à soulager les douleurs modérées et si un hématome local se forme, il disparaît en quelques jours. Pendant ce temps, on déconseille au patient les efforts physiques importants, y compris les relations sexuelles. Trois mois après l’intervention, un spermogramme de contrôle (recueil et analyse de sperme) confirme qu’il n’y a plus de spermatozoïdes. En attendant, le couple doit garder sa méthode de contraception habituelle.

Quelle est l’efficacité?

L’efficacité est de 99,8 % d’après l’Organisation mondiale de la santé, mais supérieure à ce chiffre dans notre service, à Nantes.