Un consortium international créé afin d'accélérer des essais multi-site collaboratifs sur le candidat-vaccin contre le virus Ebola (Communiqué)

  • 29/08/2014
  • Source : AIP
Abidjan - Dès septembre, un candidat-vaccin contre le virus Ebola pourrait être testé sur des volontaires sains au Royaume-Uni, en Gambie et au Mali dans le cadre d'une série d'essais d'innocuité menés sur des vaccins potentiels visant à prévenir la maladie qui a déjà tué plus de 1,400 personnes au cours de la flambée qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest.

D’après un communiqué de presse publié jeudi, les essais menés chez l'homme sur ce candidat-vaccin, conjointement développé par les Instituts américains de la santé (US National Institutes of Health ouNIH) et GlaxoSmithKline, seront accélérés grâce au financement d'un consortium international en réponse à l'épidémie d'Ebola que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment déclarée comme une urgence de santé publique de portée internationale.
 
Une subvention de £ 2,8 millions accordée par le Wellcome Trust, le Conseil de la recherche médicale (MedicalResearch Council ou MRC) et le Département pour le développement international (DFID) britannique permettra à une équipe dirigée par le professeur Adrian Hill, de l'Institut Jenner de l'Université d'Oxford, de commencer des essais d'innocuité sur le vaccin tandis que des essais similaires seront menés aux États-Unis sous l'égide de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID, qui fait partie des NIH).
 
La phase 1 des essais commencera dès que les autorisations éthiques et réglementaires auront été reçues. Les demandes à cet égard feront l'objet d'un examen accéléré. Si les autorisations sont accordées, les équipes de recherche du Royaume-Uni pourraient commencer à vacciner les sujets bénévoles dès la mi-septembre.
 
Le financement du consortium permettra également à GSK de commencer à fabriquer jusqu’à environ 10 000 doses supplémentaires de vaccin pendant le déroulement des premiers essais cliniques, afin que si ceux-ci s'avèrent concluants, les stocks puissent être mis à disposition de l'OMS immédiatement par GSK, permettant ainsi de créer un programme de vaccination d'urgence destiné aux communautés à risque élevé.
 
Le candidat-vaccin cible l'espèce Zaïre du virus Ebola, qui circule en Afrique de l'Ouest, et utilise une seule protéine de virus Ebola pour générer une réponse immunitaire. Il ne contient aucun virus infectieux et ne peut donc pas infecter du virus d’Ebola une personne ayant reçu le vaccin. Les recherches pré-cliniques menées par les NIH et Okairos, une société de biotechnologie acquise l'an dernier par GSK, indiquent que le vaccin fournit une protection prometteuse chez les primates non humains exposés au virus Ebola, sans entraîner d'effets adverses significatifs.
 
Avant qu'il ne puisse être utilisé sur des populations à risque plus étendues, ne serait-ce que de manière expérimentale, des essais d'innocuité doivent à présent être menés sur de petits groupes de volontaires sains afin de s'assurer que le vaccin ne provoque pas d'effets secondaires imprévus, et qu'il génère une bonne réponse immunitaire au virus d'Ebola chez l'homme.
 
Afin d’accélérer ces essais, les NIH ont généreusement accepté de fournir le vaccin contre le virus Ebola mis au point par NIAID/GSK aux fins des essais d'innocuité dirigés par l'équipe d'Oxford, lesquels se dérouleront parallèlement à ces propres essais.
 
Si les premiers volontaires vaccinés au cours de l'étude menée par Oxford montrent une bonne réponse et qu'aucun effet adverse n'est observé, l’essai sera étendu aux bénévoles de l'Unité du MRC en Gambie, après approbation des autorités compétentes.
 
C'est alors que commencera à Bamako, au Mali, la seconde phase ouest-africaine de l'étude, dirigée par le professeur Myron M. Levine du Centre pour le développement des vaccins de la Faculté de médecine de l'Université du Maryland et par le professeur Samba Sow du Centre pour le développement des vaccins au Mali (une initiative commune de la Faculté de médecine de l'Université du Maryland et du Ministère de la santé malien).
 
L'étude d'Oxford impliquera 60 bénévoles sains, tandis que celles de Gambie et du Mali en impliqueront chacune 40. Chaque ensemble de volontaires sera réparti en groupes de 20 personnes qui recevront différentes doses de vaccin afin que les chercheurs puissent évaluer la meilleure dose à utiliser en termes d'innocuité et d'activité.
 
On espère que la phase 1 des essais pourrait se terminer d'ici la fin 2014, après quoi le déploiement du vaccin pourrait être accéléré s'il s'avérait sûr et immunogène.
 
Le candidat-vaccin contre Ebola développé par NIAID/GSK est issu de l'adénovirus du chimpanzé type 3 (ChAd3), une souche atténuée du virus du rhume de chimpanzé. Cet adénovirus sert de transporteur, ou vecteur, pour livrer le matériel génétique bénin, dérivé du virus Ebola de l'espèce Zaïre, qui est à l'origine de la flambée épidémique qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest.
 
Le matériel génétique contenu dans le vaccin expérimental n'entraîne pas l'infection par le virus Ebola des personnes vaccinées. Le candidat-vaccin fournit le matériel génétique du virus Ebola aux cellules humaines mais ne se réplique pas plus avant. Il permet juste aux cellules de la personne vaccinée d'exprimer une protéine qui entraîne la réponse immunitaire chez la personne en question.
 
cmas