La cérémonie officielle de présentation de la Fédération des Coopératives Minières de Côte d'Ivoire (FECOMCI) a été marquée, ce samedi 25 juillet 2026, à Sinématiali, par un message commun en faveur d'une exploitation minière artisanale responsable, légale et durable. Du président de la FECOMCI, Koné Seydou, au lieutenant-colonel Doua Harding, chef du Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal Nord (GSLOI-Nord), tous ont appelé à une mobilisation générale pour mettre fin à l'orpaillage clandestin.
Lors de son allocution, le président de la FECOMCI a rappelé que la Fédération est née de la volonté des coopératives minières de participer activement à la transformation du secteur extractif ivoirien. Pour lui, les coopératives ne doivent plus être perçues comme de simples acteurs économiques, mais comme des partenaires de l'État dans la gouvernance des ressources minières.
« La FECOMCI n'a pas été créée pour défendre l'illégalité, mais pour accompagner les acteurs miniers vers la formalisation, la responsabilité et le respect des lois de la République. Nous voulons faire des coopératives minières des modèles de bonne gouvernance, de protection de l'environnement et de création de richesses au profit des communautés », a déclaré Koné Seydou, invitant tous les exploitants artisanaux à rejoindre cette dynamique de professionnalisation.
Ce message a trouvé un écho dans l'intervention du lieutenant-colonel Doua Harding, qui a profité de cette cérémonie réunissant autorités administratives et sécuritaires, élus locaux, chefs traditionnels, responsables des coopératives minières, syndicats, associations de jeunes et de femmes ainsi que les populations, pour mener une vaste action de sensibilisation auprès de l'ensemble des parties prenantes.

« Cette rencontre constitue une occasion privilégiée de sensibiliser sur les ravages causés par ce fléau et, au-delà, de poser les bases d'un véritable pacte citoyen pour une lutte globale et déterminée contre l'orpaillage illégal », a-t-il déclaré, saluant la forte mobilisation des populations de Sinématiali.
Le chef du GSLOI-Nord a rappelé que l'orpaillage illégal demeure une menace majeure pour la Côte d'Ivoire. Il détruit les forêts, dégrade les terres agricoles, pollue les cours d'eau au mercure et au cyanure, favorise l'insécurité, la traite des êtres humains, le travail des enfants et compromet durablement le développement des territoires.
Pour illustrer la détermination de l'État, il a présenté le bilan des actions du Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal. Depuis sa création en 2021, restructuré en avril 2026 avec les commandements Nord et Sud, le GSLOI a réalisé 8 524 opérations de déguerpissement, saisi 135,854 kilogrammes d'or et 358 pelleteuses, tandis que 4 560 personnes ont été déférées devant les juridictions compétentes. Les opérations spéciales menées en juin dernier sur les fleuves Comoé et Bandama ont également permis la destruction de 654 dragues.

Au-delà de la répression, le lieutenant-colonel Doua Harding a insisté sur la prévention et la sensibilisation. Il a invité les exploitants miniers, les propriétaires terriens, les coopératives, les jeunes et les communautés à renoncer définitivement aux pratiques clandestines pour s'engager dans une exploitation organisée et conforme aux lois.
« En organisant l'activité minière dans un cadre légal, nous protégeons l'environnement, garantissons la traçabilité de l'or et faisons en sorte que les revenus bénéficient à l'État ainsi qu'aux communautés locales », a-t-il expliqué, qualifiant la formalisation de véritable réponse durable à l'orpaillage illégal.
Il a notamment exhorté les propriétaires terriens à ne plus céder leurs parcelles aux exploitants clandestins et appelé les jeunes à se détourner des réseaux de l'orpaillage illégal, souvent à l'origine de l'insécurité, du travail forcé, de la prostitution et de nombreux drames humains.
En saluant l'engagement de la FECOMCI pour la structuration du secteur minier artisanal, le chef du GSLOI-Nord a réaffirmé la disponibilité de son unité à collaborer avec la Fédération afin de renforcer les actions de sensibilisation et d'accompagnement des coopératives.

À travers cette cérémonie officielle, la FECOMCI a réaffirmé son ambition de devenir un partenaire stratégique de l'État dans la professionnalisation des coopératives minières. Le message porté conjointement par son président et par le chef du GSLOI-Nord est sans équivoque : l'avenir du secteur minier ivoirien passe par la légalité, la formalisation et une responsabilité partagée entre l'État, les coopératives et les communautés.
Varol E.
Présentation officielle de la FECOMCI : Koné Seydou et le GSLOI-Nord unissent leurs voix contre l'orpaillage illégal