Rififi dans les affectations des sous-préfets : Ouattara coincé

  • 22/10/2013
  • Source : L'Inter
2 octobre 2013. Une communication en conseil des ministres annonce la bonne nouvelle. Celle des nominations dans l'administration publique ivoirienne.

Un décret portant nomination dans les fonctions de Secrétaire Général de Préfecture, un autre portant nomination dans les fonctions de Sous-Préfet. Pour les administrateurs qui attendaient cette nouvelle, c'est le soulagement total. La mesure concerne 140 secrétaires généraux de préfecture (dont 14 femmes) et 314 sous-préfets (dont 76 femmes) ainsi que  27 nouvelles sous-préfectures qui enregistrent la nomination de leurs premiers sous-préfets.
 
Une source du ministère de l'Intérieur indique que ce sont trois promotions d'administrateurs sortis de l'Ecole nationale d'administration(ENA) qui sont concernés par la décision prise en conseil des ministres. Mais, passée l'euphorie, de nombreuses interrogations fusent de partout. Car  il s'agit de projets de décret qui nécessitent qu'ils soient entérinés par le président Alassane Ouattara.  Le premier écueil était d'abord d'ordre politique.
 
En effet, les administrateurs nommés n'étaient pas tous logés à la même enseigne, car certains ont dû transiter  au ''purgatoire''. Il s'agit d'une partie de la 48ème promotion de l'ENA. Ces derniers, qui  avaient fait l'objet de nomination sous le régime de Laurent Gbagbo, n'avaient pas été reconnus par les nouvelles autorités ivoiriennes au sortir de la crise post-électorale.
 
Mais, notre source révèle qu'après plusieurs tractations, le blocus du gouvernement Ouattara a été finalement levé. Cependant, un autre écueil non encore sauté coince le numéro un ivoirien.
Le calcul n'est plus, cette fois-ci politique, mais économique. Si officiellement, les services du ministère d'Etat, ministère de l'Intérieur et de la Sécurité indiquent  que « ce mouvement préfectoral s’inscrit dans la dynamique des ajustements nécessaires au renforcement du maillage administratif et dans celle d’une gestion plus efficace des circonscriptions administratives », du côté de la présidence de la République, l'on n'a pas cette même lecture.
Où trouver de l'argent pour satisfaire tous ces administrateurs ? Cette interrogation trouve sa justification dans la posture d'Alassane Ouattara depuis son accession au pouvoir.
 
Pour le chef de l'Etat, il n'est plus question d'affecter les membres du corps préfectoral sans mettre à leur disposition tous les attributs de l'Etat. Il s'agit, d'abord, des moyens logistiques pour les différents déplacements, mais aussi d'autres commodités telles que les résidences que ces représentants du chef de l'Etat dans les localités de  l'intérieur du pays doivent habiter.
En clair, il faut rompre avec le passé, surtout l'époque où le sous-préfet ou le préfet avait une image peu reluisante auprès de ses administrés. « Notre ambition pour l’administration territoriale, en particulier, s’insère dans un projet de réforme plus vaste qui vise à remodeler le paysage de l’administration déconcentrée en assurant une meilleure allocation des ressources financières humaines et matérielles », avait déclaré Alassane Ouattara lors d'une rencontre avec le corps préfectorale, le 13 septembre dernier.
 
Partant de cette vision, le président ivoirien hésite à faire partir ses représentants à l'abattoir. Car, pour lui, les membres du corps préfectoral constituent un maillon essentiel du système administratif du pays. A quand la publication donc des affectations ? La date ne sera connue que lorsque le chef de l'Etat aura pris son décret. Encore faudra-t-il que les moyens soient d'abord trouvés.
 
 
 
Bertrand GUEU