Point de presse relatif au début de la phase de la recherche de la vérité: la déclaration du porte-parole de la CDVR

  • 01/03/2014
  • Source : CDVR
Le Président de la CDVR informe les populations du démarrage de la phase de la recherche de la vérité. Conformément aux stipulations de l'ordonnance N° 2014- 32 du 3 février 2014 prorogeant le mandat de la Commission. C'est l'avant dernière activité de son plan d'action opérationnel. A cette occasion, l'on saura qui a fait quoi, qui a subi quoi, où quand et pourquoi ?

La phase de la recherche de la vérité part de l'étape des auditions des victimes à la séquence des audiences publiques en transitant par les procédures de vérifications, c'est-à-dire les enquêtes. L'étape des auditions des victimes en constitue donc la porte d'entrée. Elle fait suite aux consultations nationales dont les résultats sont en cours de vulgarisation (campagne d'information et de communication). 
 
Les auditions des victimes sont l'occasion pour toute personne (physique ou morale) ayant subi des préjudices au cours d'évènements sociopolitiques survenus entre 1990 et 2011 de se faire enregistrer et entendre. Cette opération débute par une phase pilote, prévue sur dix (10) jours, pour compter du 27 février 2014. Elle s'achèvera donc le six (6) mars prochain. 
 
Cette phase pilote se déroulera dans huit (8) villes- régions de Côte d'Ivoire. Ce sont, Abidjan (Yopougon), Adzopé, Agboville, Bondoukou, Bouaké, Gagnoa Duékoué et Korhogo. Les auditions des victimes se tiendront au sein des commissions locales de la CDVR installées dans les régions citées plus haut. Un atelier de restitution prévu dès après la fin de cette phase pilote en évaluera les contours opérationnels avant le lancement de la phase nationale.
 
Mode opératoire
Au cours de la période préparatoire qui lui a permis de consolider un plan d'action, d'élaborer toutes les procédures et de fixer un manuel de dépositions ainsi qu'un guide des séances, la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) a aussi imprégné l'ensemble des ressources humaines qu'elle dédie à cette étape importante de sa mission. 
 
En effet, scindés en cinq (5) sections, Commissaires-coordonnateurs de zones, Présidents des commissions locales, Coordonnateurs, Enquêteurs et Superviseurs, les agents ont été formés à la méthodologie et à la maitrise de toutes les tâches y afférentes.
Concrètement, ces auditions consistent en l'identification des victimes selon un ensemble de procédures techniques…
 
La bonne exécution de ces tâches entrainera les opérations d'enquêtes et de vérification. Elles seront le fait d'équipes d'experts mobiles. Leurs investigations détermineront sur le terrain, si les allégations des victimes faites lors des auditions sont fondées ou non. 
Ces recherches permettront surtout de remonter aux auteurs présumés de violations, ceux qu'on appelle communément les bourreaux…Les dossiers consolidés, ainsi vérifiés, constitueront la matière des cas sélectionnés, qui seront inscrits au rôle des audiences publiques pour la phase terminale de la mission.
 
C'est la raison pour laquelle, le Président de la Commission et son équipe mettent déjà en garde contre toute tentation de troncation de faits, de manipulations de victimes et de falsification de l'histoire. Il considère, au surplus, que la centralité de la problématique des victimes de la crise ivoirienne requiert que toute la Côte d'Ivoire se mobilise pour en faire de la phase des auditions, une vraie cause nationale.
Aussi, voudrais-je profiter de cette tribune pour encore remercier, au nom du Président de la CDVR, les partenaires tels, l’ONUCI, LA DDH, le PNUD, le PBF, SEARCH FOR COMMUN GROUND, USAID et bien d'autres pour leur soutien actif dans la mise en œuvre de cette activité.
 
Le Président Charles Konan Banny qui n'a de cesse de déclarer que "le temps des victimes est arrivé", tient à encourager toutes les personnes concernées, à participer massivement, dans la dignité, le calme et la discipline, à ces opérations pour que la Côte d'Ivoire n'ignore rien de leur " souffrance" ! 
 
Il fait confiance aux leaders politiques, qu'il rencontre depuis l'entame de cette semaine pour leur implication, mais aussi aux autorités administratives, traditionnelles, militaires et religieuses pour leur contribution aux meilleures conditions d'organisation de cette entreprise nationale et historique.
 
Enfin, le président de la CDVR remercie les médias pour les efforts déjà consentis pour assurer l'information sur la réconciliation nationale. Il les exhorte à couvrir, partout où il leur sera possible, ces journées dédiées aux victimes aux fins de leur accorder toute la place qu’elles méritent. 
 
Je vous remercie
Fait à Abidjan, le 28 février 2014.
 
Franck Kouassi SRAN 
Conseiller Spécial, Porte-parole,
Chargé de la Communication du Président.