Modification de la Constitution par le président Ouattara : les Etats Unis s’opposent, ce qu’ils disent du pouvoir d’Abidjan

La décision du chef de l’Etat Alassane Ouattara de modifier la constitution adoptée en 2016 ne semble pas être du goût de l’Administration Trump. En effet, les Etats-Unis y voient une manœuvre du pouvoir d’Abidjan pour le maintien du pouvoir d’Etat au soir du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020.


Ils l’ont clairement signifié par la voix du Secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy. Dans une interview diffusée jeudi 08 août 2019 sur les ondes de la Radio France Internationale (RFI), le Secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy qui était interrogé spécifiquement sur la situation politique en Guinée a déclaré que son pays est contre toute manœuvre visant à retoucher la Constitution pour s’accrocher au pouvoir. « Les Etats-Unis reconnaissent la souveraineté de chaque Etat et les Etats peuvent changer de Constitution à leur guise. Mais nous avons un problème, s’il apparaît que le président en exercice se serve de cela uniquement pour se maintenir au pouvoir. D’autres pays ont changé leur Constitution pour en modifier certains aspects, dont le nombre ou la durée des mandats, mais tout en respectant les principes démocratiques. A savoir, un débat sur la pertinence d’une nouvelle loi fondamentale et son adoption soumis à un référendum par la population.», a dit Tibor Nagy.

Au moment où la Côte d’Ivoire s’apprête à suivre les traces de certains pays africains en termes de modification de la Constitution, les Etats-Unis même si elles ne s’adressent pas directement à la Côte d’Ivoire semblent déjà désapprouver l’initiative du chef de l’Etat. En effet, Alassane Ouattara, lors d’une interview accordée à la télévision nationale, la Radiodiffusion télévision ivoirienne (Rti) la veille du 59ème anniversaire de la Côte d’Ivoire a annoncé une modification de la Constitution adoptée en 2016, laquelle Constitution avait été applaudie par certains constitutionnalistes comme la plus moderne de tous les temps et susceptible de garantir la paix dans le pays.

« Il y aura des modifications de la Constitution parce que nous constatons qu’il y a de petites choses qui méritent d’être adaptées. Il faut épouser l’air du temps. Nous sommes un certain nombre à avoir un certain âge, peut-être qu’à un moment donné, nous devrions réfléchir à ce que nous pouvons donner à notre pays au-delà d’un certain âge.», a soutenu Alassane Ouattara, sans lever l’équivoque sur sa candidature au scrutin présidentiel d’octobre 2020.  En effet, le flou persiste toujours, d’autant plus qu’il a indiqué que l’actuelle constitution lui permet de briguer deux autres mandats. « L’actuelle Constitution me permet de faire deux autres mandats », a-t- il soutenu.

Si pour l’heure, seule l’opposition ivoirienne semble avoir désapprouvé ce projet du chef de l’Etat, cette sortie du Secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines pourrait rendre audible la voix de l’opposition qui demeure jusqu’à ce jour noyée dans la sphère politique.

Maxime KOUADIO