Me Sarr Abdou Abbas : « La liberté d’expression telle que prévue par la loi s’exerce aussi sur les réseaux sociaux »

Le mouvement Action Santé Sociale Côte d’Ivoire a tenu le jeudi 06 février 2020 à Abidjan Cocody, une conférence de presse portant d’une part sur les droits et devoirs des utilisateurs des réseaux sociaux et la responsabilité du praticien de santé à l’ère de ces technologies de l’autre.


Les réseaux sociaux, plateformes d’échange et d’information sont une arme dangereuse autant pour les utilisateurs que pour les cibles qui y sont exposées.
Informer et sensibiliser la population et en particulier tous les acteurs du secteur de la santé et du social sur les droits et devoirs des utilisateurs des réseaux sociaux et spécifiquement sur la responsabilité du praticien de santé à l’ère des réseaux sociaux, telle se déclinait l’essence de la conférence de presse du Jeudi dernier.

Pour Dr Djénéba Ouattara, présidente du Mouvement Action Santé Sociale, cette tribune s’imposait au vue des récents scandales exposés et amplifiés via les réseaux sociaux qui se trouvent être un puissant outil soit de propagande soit de plaidoyer. 

« Il nous a semblé important au vue de nombreux scandales qu’on voit ces temps-ci de faire cette conférence de presse pour informer, sensibiliser les praticiens mais également la population sur ce qui est fait et ce qui est dit » a révélé la première responsable du mouvement pour réfléchir sur l’attitude à avoir face aux réseaux sociaux surtout pour les professionnels de la santé. 

« Droits et devoirs des utilisateurs des réseaux sociaux » et « La responsabilité du praticien de santé à l’ère des réseaux sociaux : Exigence absolue de changement du comportement » étaient les thèmes abordés lors de cette rencontre avec la presse ivoirienne. 

Développant le premier thème de la conférence, Me Sarr Abdou Abbas, avocat spécialisé en Droit  des Technologies des médias et des télécommunications (TMT), a révélé que la liberté d’expression qui fait la force des réseaux sociaux doit s’exercer dans le strict respect de la loi, des droits d’autrui et de l’ordre public.

« La liberté d’expression telle que prévue par la loi s’exerce aussi sur les réseaux sociaux » a affirmé l’avocat spécialisé en droit des TMT.

Aussi, Me Sarr Abbas a tenu préciser certains cas pour lesquels les utilisateurs des réseaux sociaux peuvent être passibles de poursuites judiciaires. A savoir :

- Ne pas porter atteinte à la vie privée de quelqu’un (intimité, famille, maison, droit à l’image, etc)

- Ne pas tenir des propos spécifiquement interdits par la loi (incitation à la haine raciale, incitation à la haine ethnico-religieuse, l’apologie de crimes de guerres et autres, etc)

- Ne pas tenir de propos diffamatoires (circonstance aggravante du fait de l’expansion due aux réseaux sociaux).

- Ne pas tenir des propos injurieux.

- Etc

Quant à Dr Kouyaté Mohamed, directeur général du Fonds de Développement des Transports Routiers (fdtr), spécialiste des questions de santé, c’est à lui qu’il est revenue la charge de développer le second thème.

Pour lui, la relation entre le praticien de santé et le patient est régie par la confiance et lorsque celle-ci est mise en cause et que le praticien se voit attaqué ou exposé via les réseaux sociaux il se doit de réagir. 

Il a donc encouragé les acteurs des services de santé à utiliser les mêmes armes pour se défendre. « Aujourd’hui les réseaux sociaux qui établissent un maillon à l’échelle de la planète où les retentissements des actes des uns et des autres sont plus importants. Je voudrais préconiser pour les praticiens d’être également présents sur les réseaux sociaux parce qu’il faut porter le combat là où se trouve l’adversaire de façon civilisée et organisée à travers des sites spécialisés», va-t-il déclaré. 

Dr Kouyaté finira par conseiller aux praticiens de s’entourer des personnes avisées et expertes qui puissent leur dire quelles sont les attitudes à tenir par rapport à l’impact positif ou négatif des réseaux sociaux et surtout de « s’en tenir aux obligations, aux prescriptions telles que prévues par les codes de déontologie ». 

Varol