Maurice K. Guikahué (Secrétaire exécutif du Pdci) : «La candidature du Pdci en 2020 est non négociable»

Nouveau départ pour le quotidien ''Le nouveau réveil''. Ce quotidien d'informations générales a renoué hier, jeudi 6 juin 2019, avec sa tribune de débats démocratiques sans tabou ''Le fauteuil blanc''. Le professeur Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du Pdci-Rda, était le premier invité de cette nouvelle formule.


Pendant un peu plus de 90 minutes d’horloge, le n°2 du Pdci-Rda a répondu sans faux-fuyant aux questions des journalistes autour du thème principal : «Le Pdci-Rda face aux enjeux électoraux de 2020». La nouvelle plateforme, la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei), la marche du parti depuis sa sortie du Rhdp, les perspectives... sont autant de sujets qui ont été abordés par le conférencier.

D'entrée, Guikahué a donné le ton. «La candidature du Pdci en 2020 est non négociable», a-t-il déclaré. Selon l'ancien ministre, la reconquête du pouvoir d’Etat en 2020 assurera le rayonnement du parti, d’où la candidature d’un militant actif du Pdci-Rda, à l’élection présidentielle d’octobre 2020. Pour rendre la victoire de 2020 effective, fait savoir M. Guikahué, le Pdci a mis l’accent sur la mise en place d’une «plateforme non idéologique» des partis politiques et des forces vives de la nation dans une volonté de rassemblement pour sauver la démocratie en faisant face à la « déstabilisation » des partis politiques et développer un cadre de collaboration sur des sujets qui engagent la vie de la nation pour parvenir à une paix durable, gage de stabilité. «Le combat de la réforme de la Cei est un exemple de cette collaboration des partis de l’opposition», a précisé l'orateur, soulignant que d’autres combats tels que la lutte pour la prorogation des dates d’expiration des cartes nationales d’identité de 2009 et la gratuité pour l’obtention de ces pièces, suivront. «Guillaume Soro fait bel et bien partie de la plateforme», a soutenu le collaborateur du président Henri Konan Bédié qui répondait à une préoccupation d'un journaliste. «Le Raci qui est le parti de Soro est dans la plateforme en plus du Mvci, mouvement proche de l'ancien président de l'Assemblée nationale», a-t-il ajouté, précisant que la plateforme comprend une trentaine de partis politiques.

Poursuivant, l'invité de ''Le nouveau réveil'' a abordé la question de la réforme de la Cei. A peine ouvertes, les discussions autour de la réforme font l'objet de contestation de la part de l'opposition et du Pdci. Le président du groupe parlementaire Pdci-Rda n'a pas hésité à pointer un doigt accusateur vers le gouvernement. «C'est le gouvernement qui fait du dilatoire concernant la réforme de la Cei. Il nous a promis des termes de référence que nous attendons. Nous sommes prêts pour la discussion. Le Pdci est un parti de dialogue, de tolérance et d'ouverture mais un parti responsable. C'est un parti de compromis mais pas un parti de compromission», a-t-il indiqué.

Vie du Pdci. Abordant la marche du parti, le n° 2 du Pdci-Rda a affirmé qu'après le retrait du Pdci du Rhdp «sous toutes ses formes», le parti est devenu «très attractif». L'orateur en veut pour preuve le nombre impressionnant de jeunes cadres qui y adhèrent et l’engouement de l’opération de recrutement de nouveaux militants et d’immatriculation qui est à 25.000 militants depuis son lancement en novembre 2018, et ce malgré la suspension de l’opération pendant deux mois pour cause de confection de la nouvelle carte de membre et de redimensionnement des structures de base. «Désormais le Pdci-Rda ne compte que de courageux, intrépides, vaillants et déterminés militants pour la reconquête du pouvoir d’Etat en 2020», a-t-il enchaîné.

Selon Guikahué, le départ de certaines cadres du parti n'a nullement ébranlé le parti septuagénaire. Bien au contraire, a spécifié le conférencier, le Pdci réclame, 338 délégations départementales et communales, 56 délégations générales à l’extérieur, avec 6 500 sections, 45.000 comités de base et un personnel politique estimé à 600.00 militants.

Cette tribune de «vérité» a été l'occasion pour le secrétaire exécutif en chef de ce parti, de donner les raisons du départ de Duncan, Ahoussou, Siandou et autres. «Le problème qui nous sépare, c’est ceux qui veulent la dissolution du Pdci-Rda contre nous qui ne le voulons pas (…) Si Houphouët-Boigny (le père fondateur) a créé une école du parti, c’est pour que le parti soit pérenne», a-t-il dit, soulignant que la raison qui peut faire partir quelqu'un d'un parti politique est le cap idéologique. «Le 21 juillet 2018, le président a convoqué à Daoukro tous les vice-présidents. Il leur a dit que la façon dont les choses se déroulent, lui il prenait la décision de se retirer de la création du parti unifié. Ahoussou a pris la parole pour dire qu'on ne peut pas être dans deux partis parce que la loi de 93 l'interdit. Il était d'accord avec le président. Ils sont partis parce qu'ils voulaient voir ailleurs. Nous sommes dans un pays de liberté», a éclairci le secrétaire exécutif en chef, bottant en touche ce que d'aucuns qualifient de «mauvaise gestion du parti». Dans la foulée, l'ancien ministre a fait cas de ses relations avec les uns et les autres. Selon lui, ses grands «supporteurs» sont ceux qui sont partis. «Duncan, j'ai travaillé avec lui quand j'étais ministre de la Santé. Il connaît mes méthodes de travail. Il m'a toujours félicité et encouragé. Achi Patrick, chaque année, il envoie des graviers pour reprofiler la route de mon village. Ahoussou, le complice. Tout ce que je fais, il est dedans. Ahoua N'Doli, tous les midis, on déjeunait ensemble. Siandou, il a été mon directeur de campagne adjoint à Gagnoa lors des législatives», a confessé Maurice Kacou Guikahué.


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