Masa conte : Flopy Mendosa, l'ambassadrice de la paix

  • 08/03/2016
  • Source : Lebabi.net
Le MASA CONTE a débuté ce dimanche 06 mars 2016 à la salle Niangoran Porquet du palais de la culture Bernard Belin Dadie d’Abidjan Treichville, par le spectacle de Flopy Mendosa.

Cette jeune conteuse Ivoirienne dont les récits sont puisés dans les tréfonds de la tradition Africaine à commencer son show par une histoire mélodramatique. C’est l’histoire de trois sœurs : Olitréné la grande, Tika la petite et Mobla la grosse.

Voulant faire du feu, les trois sœurs mutualisent leurs efforts. C’est Tika la petite qui rapporte le fagot, Mobla la grosse la paille, quand Olitréné la grande procède à l’allumage. Le feu étant fait, apparait brusquement un jeune homme d’une beauté « incommensurable » qui se propose de prendre en mariage la mère de ce feu qu’il découvre.

Les trois sœurs, ayant craqué devant la beauté du jeune homme, se discutent la maternité du feu, se disputent et en viennent à se livrer à une bagarre sans merci où les casseroles, les pilons et autre ustensiles de cuisine sont muées en armes de combat.

Dans cette bagarre sans concession, l’objet convoité est grièvement blessé et perd la vie. C’est la consternation, la tristesse. Inconsolable, Olitréné ambitionne de se suicider par noyade mais y renonce assez vite lorsqu’après après son premier plongeon dans le fleuve, elle se retrouve nez à nez avec un immense crocodile au moment de l’ultime tentative.

Tika avait tenté la même aventure, au sommet d’un arbre d’où elle envisageait de se laisser tomber. Le gros arbre se transforma en un génie qui se proposa de l’aider, à condition qu’aucune mouche n’ait toucher le corps de Fissan, ce garçon d’une beauté exceptionnelle. Chemin faisant, Tika et le génie croise le chemin de Olitréné et tous les trois s’empressent d’aller redonner la vie au charmant garçon.

Fort heureusement, Mobla la grosse, qui se lamentait autour de la dépouille du bien aimé, ne permit aucunement qu’une mouche s’en approcha. La joie gagne de nouveau le cœur des trois prétendantes mais ne dure pas longtemps.

Après un long rituel, un nouvel imbroglio refait surface. Sur prescription de la prestidigitatrice, le corps de Fissan   doit être imbibé d’eau fraiche et pure, puisée d’une source d’eau naturelle dans les 5 mn qui suivent le rituel alors que la source la plus proche se trouve à mille lieux.

 Impuissantes, désarmées et désespérées, les trois prétendantes se ressoudent à accepter la cruelle réalité. Mais lorsqu’elle s’affaisse, abattue, désespérée, constate que le morceau qu’elle enfile au tour de sa belle taille est encore trempée d’eau du fleuve dans lequel elle avait entrepris de se passer à trépas.

Son pagne fortement pressé, l’eau qui en est tirée sert à arroser la dépouille du jeune qui retrouve soudain la vie.  Qui des trois prétendantes à redonner la vie à Fissan ? Et la quelle des trois finira –t-il par épouser ?  Pour   Flopy Mendosa, la question doit être posée autrement.  La moralité de cette histoire, c’est qu’« on a besoin de  tous les membres pour constituer un corps.  Les membres d’un corps sont liés les uns aux autres malgré leurs différences ».

 Ce conte de Flopy Mendosa, dont la mise en scène ne souffre d’ailleurs aucune contestation, colle avec l’histoire récente de la Cote d’Ivoire et s’adresse sans entourloupe à sa conscience collective.  

Mais par-delà les frontières locales, ce message s’adresse à toute l’Afrique et même au reste du monde dans cette conjoncture actuelle caractérisée par des conflits en tous genres.

 A la quête (légitime ou pas) de l’intérêt personnelle, elle oppose la force du nombre, la richesse dans la différence. Cette histoire mélodramatique, didactique à souhait, plante ainsi le décor du MASA CONTE 2016 tel que voulu par son coordonnateur Obin Manféi : « Je veux emmener mon expertise au MASA CONTE en y ajoutant des choses qu'on a jamais vu en Côte d'Ivoire », in Amanien.info du 04.03.2010.
 
Armand Bledou