Marche aux flambeaux pour Bernard Dadié : L’hommage de Mme Irène Vieira au père de la littérature ivoirienne

Mme Irène Assa Vieira, Directrice générale du Bureau ivoirien du droit d’auteur a pris part le 08 avril à la marche aux flambeaux pour Bernard Dadié. Une procession, sur une distance de 1,3km, a été organisée en hommage à l’auteur. A la tête d’une délégation de l’organisation qu’elle dirige, Mme Vieira a accueilli les marcheurs devant le Burida où elle avait apprêté un dispositif musical, une bâche et des chaises et sorti le tapis rouge.


Mme Irène Vieira et le Burida qu’elle dirige ont rendu un vibrant hommage hommage au père des lettres ivoiriennes, à l’occasion d’une marche initiée par la Fondation Bernard Binlin Dadié, l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (Aeci) et son institution. « Cette maison est la maison de Bernard Dadié qui est sociétaire du Burida. C’est sous sa signature, en qualité de ministre en charge de la Culture, que le Burida a été créé en 1981. Par la suite, il a été membre du Conseil d’administration et a contribué à la promotion des droits d’auteurs à travers plusieurs organisations internationales. C’est donc un devoir pour nous de lui rendre hommage », a appris la Directrice générale à l’entame de son allocution de bienvenue dont la quintessence était consacrée à des anecdotes sur les rapports que l’auteur entretenait avec elle et le Burida.

Longue de 1,3 km, la procession en hommage à Bernard Dadié, a pris forme au premier carrefour après le feu de Paul (Ex-Paco, direction Ena), marquant l’entrée de la rue Bernard Dadié qui se prolonge jusqu’au Burida en passant par l’intersection de l’Avenue Boga Doudou aux II Plateaux Vallons. Là, l’ambiance était à la fête. Fanfare, chants, bougies allumées donnaient un cachet particulier au rassemblement. Orchestrée par Josué Guébo, cette procession était marquée par des déclamations de poèmes de Bernard Dadié avec pour ‘’poètes’’ du soir Josué Guébo, Chantal Safi, Claire Dadié, Elisabeth Logbo.

« La nuit est bien silencieuse, tu dors et je veille. Tu rêves sans doute et moi, j’égrène nos souvenirs en t’écoutant respirer. La nuit est bien silencieuse, tu dors. Et moi, je veille sur notre amour(…) Je suis le vieux guetteur qui monte la garde sur les remparts. Je sais comment on prend une ville, je sais comment on perd un cœur. Tu dors, et je veille… ». Ces vers tirés du poème intitulé ‘’Tu dors’’ de l’auteur, ont fait revivre Bernard Dadié dans sa rue. Tout comme ceux de ‘’Je vous remercie mon Dieu’’ : « Je vous remercie mon Dieu de m’avoir créé noir. D’avoir fait de moi la somme de toutes les douleurs mis sur ma tête, le Monde(…). Le blanc est une couleur de circonstance, le noir la couleur de tous les jours. Et je porte le monde depuis le premier soir. Je suis content de la forme de ma tête faite pour porter le monde, satisfait de la forme de mon nez qui doit humer tout le vent du monde, heureux de la forme de mes jambes prêtes à courir toutes les étapes du monde… ». Ou encore, ceux de ‘’Black star’’. Pendant 1h30mn de marche, le ‘’Vieux guetteur’’ a veillé sur sa rue, laissant en héritage, sa pensée qui appelle les uns et les autres à la création : « Créons pour ne pas mourir des imitations ».