Le bilan s’alourdit au Burkina

« Vingt-quatre militaires tués, cinq disparus, sept blessés et d’importants dégâts matériels : c’est le dernier bilan fourni par l’armée, déplore Fasozine,de l’attaque avant-hier de Koutougou. L’armée burkinabè qui informe par ailleurs que les opérations aériennes et terrestres se poursuivent. D’après des sources sécuritaires la riposte des militaires aurait permis de neutraliser 40 terroristes. »


Et la presse burkinabè continue de s’interroger ce matin : « Que s’est-il passé en ce lundi matin maudit, s’exclame ainsi Aujourd’hui, dans ce bled sahélien où, régulièrement, ceux qui ont pignon sur sable, terroristes, jihadistes, bandits et tire-gousset, écument à tout vent ? Qui en veut tant au Burkina depuis près de cinq ans, avec des attaques itératives qui ont tué plus de 500 personnes ? Le mode opératoire surtout au Nord, au Sahel et au Centre-Nord est pareil, pointe le quotidien ouagalais : juchés sur des motos et maintenant dans des véhicules et lourdement armés, ils font une sorte de Blitzkrieg soit sur un village, soit sur des forces de défense et rapidement disparaissent dans la nature ou reprennent, pour de nombreux cas, la direction du Mali. »

Certes, poursuit Aujourd’hui, « nos forces de défense ont embrayé pour donner une riposte qui met du baume au cœur dans le chœur des lamentations et de la colère. Mais la problématique de ces attaquants, qui comme l’aigle fondant sur sa proie pour s’évaporer après, reste un mode opératoire prisé et une telle problématique mérite qu’on s’y penche. Déterminer l’identité, les motifs de ce terrorisme-là, donner les moyens aux soldats demeurent des prérequis indispensables dans ce combat de longue haleine. Mais également, explorer la piste de la diplomatie souterraine, paraît à l‘étape actuelle, au nombre des solutions conjuguées pour pacifier le Burkina Faso. »

La poudrière malienne

Et là, les yeux se tournent vers le Mali… C’est du moins ce que note Le Pays, toujours à Ouagadougou : « Tant que le Mali restera une passoire et que les terroristes pourront y trouver une zone de repli, ni ce pays, ni ses voisins que sont le Burkina et le Niger, n’auront de répit avec les terroristes. Pire, poursuit le quotidien burkinabè, les efforts des deux voisins risquent d’être réduits à néant. C’est pourquoi il est impératif que les opérations menées de part et d’autre des frontières de ces trois pays se passent dans une synergie d’actions. Autrement, les Koutougou, les Nassoumbou et les Tillabéry risquent de se multiplier. »

« Cela dit, pointe encore Le Pays, cette nouvelle attaque meurtrière contre les forces de défense et de sécurité intervient quelques semaines avant le sommet conjoint G5 Sahel-Cédéao prévu pour se tenir en septembre dans la capitale burkinabè. C’est le lieu donc d’interpeller les chefs d’État de la sous-région à prendre des mesures vigoureuses dans la lutte contre le terrorisme allant au-delà des discours. »

Message de fermeté

Pour sa part, le président burkinabè a adressé hier un message de fermeté… « Dans sa première réaction publique, un jour et demi après l’attaque, note Le Monde Afrique, Roch Marc Christian Kaboré a appelé "le peuple burkinabè à rester toujours debout dans cette lutte de longue haleine contre le terrorisme". "Le Burkina Faso ne cédera pas une partie de son territoire, dussions-nous tous y laisser notre vie", a-t-il ajouté dans un tweet. »

Par ailleurs, poursuit Le Monde Afrique, « rien n’a filtré du "conseil de défense extraordinaire" qui s’est tenu hier au palais présidentiel à Ouagadougou, selon une source sécuritaire. D’après cette source, ce sont "plusieurs dizaines de terroristes" à bord de motos et de pick-up qui ont attaqué le camp, lundi à l’aube : "C’est visiblement une attaque bien préparée et coordonnée par plusieurs groupes terroristes. Ils ont tiré à l’arme lourde sur le camp de base, notamment des roquettes qui ont incendié plusieurs installations, des moyens roulants et de l’armement." »

Un gouvernement dépassé ?

Enfin, l’opposition donne de la voix. C’est ce que relève notamment Jeune Afrique : « Le principal parti d’opposition du Burkina Faso, l’UPC, l’Union pour le progrès et le changement, a demandé hier la démission du gouvernement, le jugeant incapable de faire face à la situation. Selon ce parti dirigé par Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, l’équipe gouvernementale est "dépassée par la tournure des événements" et "croise à présent les bras, attendant ce que le hasard fera d’eux et des Burkinabè". »


Retrouvez la suite de cet article sur rfi.fr