FPI : les préalables de Gbagbo avant de recevoir Affi N’guessan

La rencontre annoncée entre l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et son ancien premier ministre Pascal Affi N’guessan n’a pu avoir lieu jeudi en Belgique, le premier ayant posé des préalables avant la tenue de la rencontre, révèle un communiqué de Laurent Gbagbo signé par Dr Assoa Adou, transmis, vendredi, à APA.


Le document informe que depuis quelques jours, Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) reconnu par les autorités ivoiriennes a émis « le souhait de rencontrer le Président Laurent Gbagbo, Président statutaire du FPI ».

M. Gbagbo « lui a alors fait savoir qu’il serait tout à fait disposé à le recevoir, mais qu’il avait néanmoins des préoccupations qui nécessitent de la part de M. Pascal Affi N’guessan un éclaircissement préalable et public ».

« En effet, le Président Laurent Gbagbo a rappelé à M. Pascal Affi N’guessan que toute sa vie, il s’est battu pour la souveraineté, la démocratie et le multipartisme en Côte d’Ivoire. Dès lors, il ne saurait accepter aucun recul sur l’acquis du multipartisme en Côte d’Ivoire qui se manifesterait par la manipulation et l’ingérence de l’Etat dans vie du Parti », explique le communiqué.

« Le Président Laurent Gbagbo a indiqué à M. Pascal Affi N’guessan qu’il entendait mettre fin à l’ingérence de l’Etat dans le fonctionnement du FPI et lui a en conséquence demandé de reconnaitre les Congrès de Mama et de Moossou et d’en respecter les décisions qui en ont découlées », poursuit le texte qui fait remarquer que « M. Affi avait alors fait savoir au Président qu’il acceptait ce préalable et qu’il s’engageait à faire une déclaration en ce sens avant leur rencontre ».

Assoua Adou, secrétaire général du parti de Gbagbo signant le communiqué par ordre de ce dernier marque sa « surprise » de voir « M. Affi annoncé une rencontre avec le Président Laurent Gbagbo, sans avoir pour autant fait ce qu’il s’était engagé à faire ».

« Le Président Laurent Gbagbo tient à indiquer que l’union au sein du Parti est fondamentale, le rassemblement est nécessaire, et cela doit se faire dans la vérité et la démocratie en rejetant toute ingérence de l’Etat dans le fonctionnement du Parti », conclut M. Adou soulignant la disponibilité de Laurent Gbagbo « pour toute rencontre avec Monsieur Pascal Affi N’Guessan quand ce dernier sera prêt ».

Réagissant au communiqué de Laurent Gbagbo, depuis Paris, Pascal Affi N’guessan relate dans un communiqué parvenu, également, à APA, que « M. Acka Emmanuel, un ami du président Gbagbo m’a assuré de ce que ce dernier avait accepté de me recevoir à Bruxelles. Il m’a même autorisé à rendre publique l’information relative à cette rencontre ».

« A ma grande surprise, à mon arrivée à Paris, M. Acka me fait comprendre que le président Gbagbo exige avant de me recevoir que je fasse, au préalable, une déclaration sur Radio France Internationale (RFI). Le journaliste Norbert Navaro m’attendait pour celle-ci », se désole Affi N’guessan.

« J’ai trouvé l’esprit de cette déclaration, son contexte et son contenu méprisant, insultant et contraire à l’esprit de réconciliation et d’unité du parti qui m’anime. En conséquence j’ai refusé, j’ai dit +Non+ », fait-il remarquer précisant qu’il n’a pu se rendre à Bruxelles pour rencontrer Laurent Gbagbo.

Cependant, il affirme être « toujours disponible et résolument engagé à œuvrer pour l’unité du parti et pour la réconciliation entre les filles et les fils de la Côte d’Ivoire ».

Depuis juillet 2014, une crise de leadership divise le FPI entre les partisans de Pascal Affi N’guessan et ceux ayant pour référant politique Laurent Gbagbo, le fondateur de ce parti socialiste.

HS/ls/APA