Détenu depuis 8 mois: Blé Goudé libéré incessamment

  • 22/08/2013
  • Source : Soir Info

Ce sera, à n’en point douter, l’une des grandes retombées de la visite de Soro Guillaume dans la région du Gôh (Gagnoa). L’ancien leader de la « galaxie patriotique», Charles Blé Goudé et plusieurs partisans de l’ex-président, notamment, des civils, détenus dans les prisons de Côte d’Ivoire, « pourraient bénéficier d’une liberté provisoire » selon une source très proche du ministère de la justice et des libertés publiques, avec qui nous avons eu des échanges hier 21 aout 2013.
« Ils ne représentent plus de danger pour le régime… Nous allons donc leur accorder la liberté provisoire. Leur liste est en train d’être dressée par le parquet. Elle sera transmise à la chancellerie (ministère de la justice) pour décision », a poursuivi cette source. Au cours d'un entretien qu’il a accordé à la Rti, à l’occasion de la célébration de l’an 53 de l’indépendance de la Côte d'Ivoire le 7 aout 2013, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, commentant la libération provisoire accordée le lundi 5 août à 14 personnalités proches de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, avait glissé l’idée d’éventuelles libérations. La presse « bleue » estime à plus de 700 personnes, les détenus pro-Gbagbo qui croupissent dans les prisons sans jugement depuis la chute du régime des refondateurs. « Depuis des mois, j'ai indiqué au ministère de la Justice que nous devions accélérer les procédures pour que des personnalités qui sont connues, puissent être (mis) en liberté provisoire. Mais la justice a son rythme, la justice a son calendrier, la justice a ses complexités. Les juges avaient besoin de rassembler un certain nombre de faits avant d'arriver à cette décision », avait fait observer Alassane Ouattara. « Je considère que ce n'est pas bon d'avoir des personnes de ce rang en prison, mais la crise électorale devait passer par là. Il y a eu une tentative de déstabilisation d'un régime démocratiquement élu. Maintenant, cette page est tournée, la justice continue » avait-il ajouté. « Je souhaite et je le leur ai demandé, que tout soit mis en œuvre pour conduire ce dossier d'ici la fin de l'année. J'espère que la justice va pouvoir y arriver... Je souhaite que la justice accélère les procédures, pour qu'en fin d'année et en début d'année prochaine, nous ayons vidé ce dossier des prisonniers de la crise post-électorale », avait-il insisté.

Dans cette dynamique, avons-nous appris, d’autres libérations multiples, touchant des pro-Gbagbo vont intervenir, au plus tard, la semaine prochaine. « Plusieurs détenus pro-Gbagbo, y compris Blé Goudé, vont bénéficier d’une liberté provisoire », assure notre source. Le jeudi 15 août à Gagnoa, à Gnagbodougnoa, puis à Gnaliépa, notamment, lors de son passage les 16 et 17 aout 2013, Guillaume Soro a ouvert une brèche sur l’éventualité d’une libération de l’ex-patron de la galaxie patriotique. «C'est en nous mettant ensemble que nous allons trouver des solutions pour Blé Goudé et Laurent Gbagbo... Je suis venu pour parler avec vous, et voir comment on peut s'entraider. Aujourd'hui, il y a un problème, Blé Goudé a été arrêté. Calmez-vous et travaillez à la réconciliation, Blé est mon ami, on a fait deux fois la prison ensemble.... Je sais que son grand-frère souffre (Ndlr : Gnepo Dedy Léopold, frère aîné de Blé Goudé)… Nous nous parlerons dans la case (avec les chefs), et je me chargerai de transmettre au Président Alassane Ouattara. Je peux dire à Léopold de garder la sérénité. Quel intérêt avons-nous à voir des gens en prison ? Je n'en dirai pas plus sur cette question », avait-il indiqué. Charles Blé Goudé avait été l'un des piliers du régime Gbagbo au cours de la crise.

En exil depuis la chute de l'ancien président,, et recherché par la justice ivoirienne, il avait été arrêté le jeudi 17 janvier 2013 à son domicile de Tema au Ghana. Moins de 24 heures après son arrestation, Blé Goudé Charles a été extradé vers son pays natal. ''Le général de la rue'' était visé par un mandat d`arrêt de la justice ivoirienne pour son implication dans la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait environ 3.000 morts. Le 31 janvier 2013, le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko, a appris que Charles Blé Goudé est en « résidence protégée ». Ces derniers jours, l’on a noté un assouplissement des conditions de détention de Charles Blé Goudé qui a pu être visité par ses avocats à la Direction de la surveillance du territoire (Dst).

Armand B. DEPEYLA