Côte d'Ivoire: la situation de la jeune fille est "préoccupante" (gouvernement)

  • 11/10/2013
  • Source : Xinhua
Le gouvernement ivoirien s'inquiète de la situation de la jeune fille jugée "de plus en plus préoccupante" en raison des "fléaux insurmontables" dont elle fait face.

"Aujourd'hui plus que jamais la situation de la fille est de plus en plus préoccupante, elle fait face à des fléaux insurmontables et est souvent victimes de traitements injustes, de discriminations et de violences de tout genre", indique le gouvernement dans son message délivré par la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l'Enfant, Anne-Désirée Ouloto, à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de la jeune fille.
 
Sans négliger les mutilations génitales féminines et le travail domestique des filles, le gouvernement a, en ligne de mire, le mariage précoce qu'il considère comme une "pratique néfaste" à la promotion des droits humains de la jeune et un "véritable obstacle" à son maintien à l'école.
 
"Il constitue une pratique néfaste mais aussi et surtout une violation grave des droits humains fondamentaux ayant des répercussions sur tous les aspects de la vie de la jeune fille", a expliqué Mme Ouloto.
 
"Il l'empêche de bénéficier des avantages de son enfance, perturbe son éducation, limite ses possibilités d'épanouissement, l'expose à des violences et abus sexuels ainsi qu'à l'infection du sida et aux grossesses précoces qui mettent malheureusement en péril sa santé", a-t-elle précisé.
 
En 2012, selon des chiffres officiels, 12% des femmes étaient déjà en union à l'âge de15 ans et 36% l'étaient avant 18 ans.
 
Selon la même source, la moitié des filles en union (43%) n'était pas scolarisée et celles qui l'ont été n'ont pas franchi le cycle primaire.
 
"Nous pouvons aisément en déduire que l'accès à l'éducation de la jeune fille, l'achèvement de ses études et la qualité de cette éducation sont annihilés par le phénomène persistant de ces mariages précoces dans nos communautés et partout en Côte d'Ivoire", relève Anne-Désirée Ouloto.
 
Elle insiste sur la "nécessité d'aborder les difficultés qu'elle rencontre et de promouvoir ses droits humains afin de lui assurer protection et sécurité".
 
Outre les instruments institutionnels existants en matière de promotion et de protection des droits des femmes et des filles, Anne-Désirée Ouloto appelle à des "actions spécifiques", à travers des "interventions à impact rapide" dans le cadre d'un "plan accéléré" de lutte contre le mariage précoce.
 
Elle cible, entre autres, la facilitation de l'accès et du maintien des filles à l'école, la prise de "dispositions pertinentes" dans la lutte contre le mariage précoce, l'engagement des leaders communautaires et religieux et la promotion de l'éducation.
 
"Il est donc plus qu'urgent de passer à l'action pour vaincre le mariage précoce pour un accès équitable et sécurisé de la jeune fille à l'éducation", a conclu la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l'Enfant.
 
La Journée internationale de la jeune fille a été instituée en 2011 par les Nations Unies et est célébrée le 11 octobre de chaque année.