Agents de sécurité privée et de gardiennage : Les esclaves du 21e siècle (1)

  • 09/08/2016
  • Source : Lebabi.net
Ce sont des hommes et des femmes, d’âges variés, qui travaillent comme agents de sécurité privée appelés communément vigiles. Leurs conditions de travail aussi bien que leur traitement salarial s’apparente à la limite à de l’esclavage.

 Ont –ils le choix, devant la rareté du travail  au lendemain de crise post-électorale qui a vu le marché de l’emploi en cote d’ivoire s’effriter ? Cette catégorie d’employés  est maintenue dans la misère au mépris des normes  élémentaires du code du travail. Incursion.
 
 Au risque de leurs vies et pour des salaires de misère, ils sont nombreux  à travailler   dans le secteur de la sécurité privée. Ce, dans des conditions inacceptables. Ils sont victimes d’abus, de trafic  d’influence,  de menaces et de toutes sortes d’humiliations. 
 
Pour fuir le chômage, et faire face aux charges quotidiennes de leurs  famille, ces  jeunes, filles comme garons, recrutés comme agents de sécurité privée souffrent le martyr. 
 
Leur situation s’apparente à une forme d’exploitation  de l’homme  qui défie toute logique et même le code du travailler. Des horaires  de travail qui dépassent les 8 heures conventionnelles, sans paiement d’heures supplémentaires.
 
 Ils font parfois face à « des patrons arrogants suffisants,  mal veillant et bien souvent, malhonnêtes, qui traite  régulièrement leurs employés comme des ‘’moins que rien ‘‘ ». voici le lot de souffrance que vive au quotidien ces jeunes gens. 
 
Leur seul tort est d’avoir voulu gagner honnêtement leur vie. En s’engageant comme agent de sécurité privé dans des structures dirigé par « des négriers du 21ème siècle ». « J’ai intégré cette société il y avait seulement 4mois après sa mise sur pied fin 2007. Depuis que la direction de cette société a changé de patron, suit au décès du fondateur, les conditions de travails ainsi que le traitement salariale des employés se sont sérieusement dégradés. Le nouveau directeur se montre hautain  envers nous, souvent avec des propos injurieux », dénonce avec colère PK, agent de sécurité qui ne cache pas son amertume. 
 
D’une entreprise de sécurité privée à une autre, les problèmes que vivent les vigiles sont les même. Dans une autre entreprise  où nous avons rencontrés des agents en services, la situation, aux dires des vigiles n’est pas reluisante. 
 
« Je travail dans cette société depuis 2009.je prend service tout les jours de 6h à 18h voire 20h, quand ceux  qui doivent nous relayer accusent du retard. Nous sommes tenus d’être debout toutes les heures de travail. On n’a ni le droit de somnoler, ni le droit de nous absenter  momentanément de notre poste », explique B.L, un des agents de cette entreprise, rencontré en zone portuaire à Treichville flanqué d’un pantalon et d’une chemise aux couleurs usuelles de ce corps de métier (gris, jaune), montant la garde avec six autres camarades sur un site. Les conditions de travail, ici,  sont très précaires, laissant un goût très amer à tous ceux qui s’y aventurent. Et ce n’est pas tout.
 
Discrimination et Droit de cuissage 
 
 Les cas de discrimination sont monnaie courants dans ce milieu également.«  La nouvelle direction, non seulement marginalise les travailleurs, notamment les noirs. Par rapport aux nouvelles recrues qui ont la peau blanche ou métissée. C’est le cas de B.R, un jeune libanais,  qui vient à peine d’intégrer la société. 
 
Il est non seulement novice en matière de sécurité, mais il a un salaire mensuel  de 500.000 CFA », révèle P.K, un vigile de peau noir qui, a ses débuts, touchait la centaine et qui ne sait pourquoi a été rétrogradé et à peine 80.000 FCFA le mois depuis peu. 
 
La part belle est faite en général aux filles qui embrassent ce métier et qui sont « compréhensive » c’est-à-dire qui se soumettent au droit de cuissage malgré elles. Une pratique très en vogue dans ce milieu. 
 
« Il est évident que nous travaillons dans des conditions très difficiles. Mais, parfois certains chefs nous concèdent quelques petits avantages. En l’occurrence, des aides financières et nous accordent des permissions quand nous les sollicitons, cela dépend de ton comportement »,  reconnait C.G, une nouvelle recrue d’une de ces nombreuses sociétés.
 
 Les agents de sécurité privée, ne sont pas au bout de leur peine. L’aspect social n’a pas de place dans leur univers. La majorité des vigiles, en dépit de leur ancienneté et des nombreux risques que comporte leur travail,  ne sont pas pris en charge, « quand un élément à un accident de travail, la direction ne fait aucun geste pour lui venir en aide. Même en cas de décès, c’est pareil. Des personnes qui risquent leur vie au quotidien pour un salaire de 50.000 f, somme qui n’est jamais versée intégralement, parce que prélevée à la source pour, dit-on, être reversée à la CNPS. Quand, on va pour vérifier cela à la CNPS, on  découvre que, nous n’y somme pas déclarés. J’ai un collègue qui se trouve actuellement au centre Hospitalier et Universitaire(CHU) de Yopougon, suite à un accident de travail. Il s’est fracturé une jambe, alors qu’il était en service. Il n’a même pas bénéficié du soutien tant financier que moral des responsables de la société », confie A. y, un agent de sécurité privé. 
 
Les congés annuels, n’en parlons pas. Le travail ne peut pas attendre. D’autant plus que la main d’œuvre est abondante et encore bon marché avec les nouveaux venus. 
 
«  Cela fait environ 5 ans que, je travaille dans cette entreprise. Je n’ai jamais eu de congé annuel. La direction ne me l’a jamais accordé », se plaint P.K.
 
 Au nombre des milliers d’autre jeunes qui ont réussi à se faire recruter par des sociétés de gardiennage à Abidjan, plusieurs expérimentent, au quotidien, la dure réalité d’un métier qu’ils ont choisi en espérant fuir la misère. 
 
Il est important de souligner qu’un agent de sécurité peut travailler entre 10 et 12 heures par jours, pour un salaire journalier d’à peine 1300 FCFA, soit 130f  l’heure de travail pour les moins lotis et 2.500 f c’est-à-dire 250f l’heure.
 
La suite la semaine prochaine