Accidents, incendies, noyades… Abidjan : Voici les communes les plus dangereuses

  • 05/03/2014
  • Source : Nord-Sud
Quelle est l’ampleur des accidents de la circulation et autres sinistres qui ont lieu à travers le district autonome d’Abidjan et les villes de l’intérieur du pays? C’est la question à laquelle nous allons nous atteler à répondre dans votre nouvelle rubrique intitulée ‘’Allô les pompiers’’.

Ainsi allons-nous dresser chaque mois, la cartographie des zones les plus accidentogènes, à partir des données statistiques communiquées par le Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gspm).
 
Yopougon est la commune la plus dangereuse. Elle arrive en tête du peloton des municipalités les plus touchées. Pour les mois de janvier et février, cette commune a enregistré 174 accidents de la circulation avec 374 blessés et 9 personnes tuées.

Ces données statistiques dont nous avons reçu copie le 2 mars, nous ont été communiquées par le Centre de coordination des opérations et de transmissions (Ccto) du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gspm) commandé par le colonel Issa Sahko. Il ressort également dudit communiqué que l’insécurité est une réalité dans cette cité.

Pour preuve, huit cas d’agression à l’arme à feu et à l’arme blanche y ont été signalés dans cette même période. Pendant que dans les autres communes du district d’Abidjan, selon le bureau des opérations du Gspm, on a enregistré en moyenne deux cas de blessés par agression.

Concernant les incendies, la commune du maire Gilbert Koné Kafana rafle la mise avec 34 foyers qui ont été éteints par les soldats du feu. Des domiciles aux commerces en passant par les entreprises, le feu a fait des dégâts matériels importants. C’est aussi la commune où les sapeurs-pompiers militaires sont intervenus pour sauver des personnes poignardées par des fous.

L’on a regretté 13 types d’agressions causées par des malades mentaux. Au titre des noyades, les hommes du colonel Issa Sahko ont été sollicités à trois reprises. On se rappelle de la mort par noyade, le 17 février, de quatre gamins dans la lagune Ebrié, du côté de l’Académie de la mer, à Niangon-Nord. Les pompiers ont reçu 25 alertes motivées et 7 fausses alertes.

En somme, en janvier et février, le Gspm a réalisé 301 interventions à Yopougon (voir les tableaux en fac-similés). Toujours selon les données statistiques du Ccto, la deuxième commune la plus accidentogène est Adjamé. Là-bas, on a totalisé 108 accidents de la circulation. Ces sinistres, provoqués en majorité par les véhicules de transport en commun, ont occasionné 183 blessés et 3 décès.

Pendant ce temps, 12 incendies de domiciles et de commerces ont été notés dont les dégâts matériels se chiffrent à plusieurs dizaine de millions FCfa. Il y a eu en deux mois, 3 cas d’agression à l’arme blanche et 4 personnes ont été prises à partie par des aliénés.

Cependant, aucun accident par noyade n’a été observé. Les hommes du colonel Sahko ont réceptionné 7 alertes motivées et 2 fausses alertes. Ainsi, les soldats du feu ont intervenu à Adjamé 176 fois pour sauver la vie aux victimes. Un autre fait notable ! Cocody occupe la troisième place dans le classement des communes les plus dangereuses.

On a déploré 88 accidents de la circulation qui ont provoqué 150 accidentés et 4 tués. Pour les feux, 19 domiciles et magasins ont été soit partiellement brûlés, soit entièrement consumés par les flammes. Aucune perte en vie humaine. Dans les quartiers huppés et bidonvilles de Cocody, 9 cas d’agression par des déséquilibrés ont mobilisé les hommes de la première compagnie du Gspm. Concernant les agressions à l’arme blanche, 4 cas ont été signalés. 

Abobo : la surprise du chef !
 
Les éléments du colonel Issa Sahko ont traité 19 appels téléphoniques dont 15 ont été motivés. En tout, les sapeurs-pompiers se sont mobilisés 149 fois en deux mois pour voler au secours des habitants de Cocody. La grosse surprise vient d’Abobo ; cette commune réputée confligène arrive en quatrième position. Ainsi, 86 chocs y ont été constatés ayant occasionné 132 blessés et 5 morts.

D’après les chiffres du Ccto, 12 incendies se sont déclarés dans la commune du maire Adama Toungara. Aucune sollicitation n’a été formulée pour les cas d’agression à l’arme blanche. On a noté un seul cas où un individu a été violenté par un maniaque. Le Centre de coordination des transmissions et des opérations a reçu 17 alertes motivées et 3 faux appels. Les secouristes militaires ont fait 134 interventions à Abobo.

Toujours dans la capitale économique ivoirienne, Attécoubé est la commune la plus sûre. Elle occupe le dixième rang ; elle ferme ainsi la marche. D’après les statistiques sur les sinistres enregistrés pour les deux premiers mois de l’an 2014, 19 accidents de la circulation se sont déroulés dans la commune du maire Danho Paulin. Ces accidents ont provoqué 45 blessés.

Toutefois, il n’y a pas eu de perte en vie humaine dans ces différentes collisions. Par ailleurs, 4 feux ont été signalés. On ne déplore aucune victime liée aux agressions. Il y a eu 3 alertes motivées et aucune fausse alerte. 

La bonne nouvelle 
 
L’autoroute du nord devient de plus en plus sûre. Les accidents de la circulation sont passés de 11 en janvier à 6 pour le mois de février. Aussi, le nombre d’incendies a baissé. Il est passé de 3 en janvier à 1 en févier. A l’intérieur du pays, Bouaké occupe la tête du peloton des villes où il y a plus d’accidents de la circulation et autres sinistres. En témoigne les chiffres.

La troisième compagnie du Gspm a intervenu dans 91 chocs impliquant à la fois des véhicules, des engins à deux roues. On a enregistré 261 blessés et 5 décès. 18 incendies ont endommagé des habitations et réduit en cendres des commerces, dans la région du «Gbêkê«. Les hommes de la troisième compagnie y ont fait 139 interventions. La capitale politique est la ville la plus garantie.

Elle vient en deuxième position. L’on y déplore 59 accidents ayant causé 97 blessés et 5 tués. Les éléments de la cinquième compagnie du Gspm de la région du «Bélier» ont effectué 86 interventions et ont éteint 8 foyers.

En somme, les cinq casernes des sapeurs-pompiers militaires que compte la Côte d’Ivoire (Plateau-Indénié, Marcory-Zone 4, Bouaké, Yopougon et Yamoussoukro) ont effectué 1331 interventions pour 798 accidents de la circulation. Ils ont transporté 1546 blessés, tandis que les soldats du feu ont éteint 155 incendies. 
 
Ouattara Moussa