Convoqué chez les gendarmes à 9 ans après une dispute avec son amoureuse

  • 22/04/2015
  • Source : Autre Presse
En France, un garçon de 9 ans, Jordan, a été convoqué à la gendarmerie après s'être querellé avec son "amoureuse" dans la cour de l'école, rapporte La Dépêche du Midi.

L'enfant, éconduit par la petite fille, lui a tiré les cheveux et l'a giflé à trois reprises, sans la blesser. Les parents du petit Jordan sont atterrés.

"Il n'avait jamais fait ça", raconte son père au quotidien régional. "(...) Jordan a mal réagi. C'est une querelle comme on en voit souvent dans les cours de récréation. Un coup je t'aime, un coup je ne t'aime plus."

Les "faits", qui remontent à environ deux semaines, étaient remontés jusqu'à la directrice de l'école. Les parents de Jordan ont donc été contactés et l'élève de CM1 (l'équivalent de notre 4e primaire) a été réprimandé. L'affaire était dès lors entendue pour les parents. 
 
C'était sans compter le dépôt, par la mère de la fillette, d'une plainte. Conséquence: mardi dernier, le jeune garçon est convoqué avec ses parents à la gendarmerie de Saint-Lys (Haute-Garonne) et entendu pendant une demi-heure. "On a vu qu'il était très mal à l'aise, mais il ne faisait que son boulot", explique, à propos du gendarme, la mère de Jordan. Celui-ci est sorti en pleurant de son interrogatoire. Pire, il refuse désormais de retourner à l'école.

Le parquet pour mineurs de Toulouse n'a lui pas traîné pour classer le dossier. "C'est vraiment n'importe quoi", s'insurge, consterné, le père de Jordan. 
 
La justice française reconnaît une responsabilité pénale aux mineurs

Les gendarmes étaient pourtant tout à fait dans leur droit en convoquant l'enfant, précise la Dépêche du Midi. La justice française reconnaît en effet une responsabilité pénale aux mineurs d'âge.

Il suffit que l'enfant soit jugé "doté de discernement". À partir de 10 ans, il peut ainsi avoir un casier judiciaire. La garde à vue est, elle, permise à partir de 13 ans. "Traité comme un criminel, l'enfant va être traumatisé pour un bout de temps", déplore Me Attias, une avocate interrogée par le Figaro sur le cas du petit Jordan. Selon elle, "ce n'est pas à la justice d'élever nos enfants", mais à la société, et donc aux parents. 
 
L'affaire n'est pas sans rappeler une polémique survenue au lendemain des attentats à Charlie Hebdo en janvier dernier. Un enfant de 8 ans à Nice avait été interrogé par la police pour avoir dit en classe "Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes", après avoir refusé de participer à une minute de silence. L'enseignant avait alors porté plainte.

 La Dépêche du Midi, Le Figaro