Une semaine après l'attentat de Christchurch, la Nouvelle-Zélande rend hommage aux victimes

Une semaine après l'attentat de Christchurch, un appel à la prière a été diffusé vendredi dans toute la Nouvelle-Zélande, suivi de deux minutes de silence en hommage aux 50 victimes des mosquées.


Une semaine jour pour jour après l’attentat sanglant de Christchurch, la Nouvelle-Zélande a rendu hommage vendredi 21 mars aux 50 musulmans tués. En Australie, de l'autre côté de la mer de Tasman, de nombreuses personnes se sont également arrêtées à l'heure dite en signe de respect.

À 13 h 30 (0 h 30 GMT), le muezzin a lancé l'appel à la prière, qu'ont écouté des milliers de personnes rassemblées dans le Parc Hagley, près de la mosquée al-Nour, en présence de la Première ministre Jacinda Ardern. Cette mosquée a été la première visée le 15 mars par le tueur. Cette prière a été relayée par les télévisions, les radios et sur de nombreux sites Internet. Le pays a ensuite observé deux minutes de silence, notamment lors de rassemblements organisés à Auckland, Wellington et plusieurs autres villes.

L'imam de la mosquée al-Nour Gamal Fouda, qui dirigeait la prière, a dénoncé la haine tout en notant le formidable élan de solidarité apparu en Nouvelle-Zélande depuis la tragédie. "Je regarde et je vois l'amour et la compassion dans les yeux de milliers de compatriotes néo-zélandais et d'êtres humains dans le monde entier", a-t-il dit. "Ce terroriste voulait diviser notre Nation au nom d'une idéologie maléfique (...) Mais, au contraire, nous avons montré que la Nouvelle-Zélande était indivisible."

Communion entre musulmans et non-musulmans

Une semaine après, la mosquée al-Nour demeure fermée, et des ouvriers s'efforcent de restaurer ses murs criblés de balles pour qu'elle rouvre au plus vite. Après la prière, vendredi, la tristesse a cédé la place à la communion entre musulmans et non-musulmans posant ensemble pour des photos devant l'impressionnant parterre de bouquets de fleurs.

De nombreuses femmes à travers le pays ont choisi de porter un foulard vendredi pour exprimer leur solidarité avec la communauté musulmane. Certaines publiaient des photos d'elles ainsi voilées sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #HeadScarfforHarmony ("Foulard pour l'harmonie").

La Nouvelle-Zélande a réagi à ce carnage des mosquées en interdisant jeudi les armes semi-automatiques et fusils d'assaut. La police a révélé vendredi s'être entretenue en octobre 2017 avec l'auteur de la tuerie avant de lui octroyer le permis grâce auquel il avait acquis les armes utilisées dans le massacre. Brenton Tarrant, qui a été inculpé samedi, avait demandé un permis de port d'arme en septembre 2017 et une "équipe de contrôle des armes à feu" de la police lui a rendu visite à domicile à Dunedin (sud) le mois suivant, a indiqué un porte-parole de la police dans un communiqué. Son permis avait été approuvé en novembre 2017.

Avec AFP