Turquie-Syrie: l’ONU pousse à la diplomatie pour arrêter l’offensive

Un rendez-vous retardé. Jeudi, les membres du Conseil de sécurité se sont réunis en urgence et à huis clos pour évoquer l’offensive turque au nord-est de la Syrie. Ils n’ont pas réussi à tomber sur une position commune, mais tout espoir ne semble pas encore perdu.


On a d’abord cru à des dissensions au sein du Conseil de sécurité: Européens et Américains sont les seuls à avoir réagi à l’issu de leur réunion, mais dans deux déclarations séparées.

Les cinq pays européens qui siègent au Conseil et qui l’avaient saisi, ainsi que l’Estonie qui va bientôt les rejoindre, se sont dits profondément préoccupés et ont appelé Ankara à cesser son offensive. Quant à la représentante américaine Kelly Kraft, elle n’a pas condamné, mais a fortement démarqué la position américaine de l’offensive turque, affirmant à nouveau qu’aucun feu vert n’avait été donné à Erdogan par Donald Trump.

Unanimité ?

Mais quelques minutes plus tôt, à huis clos, elle avait aussi proposé un texte à ses homologues appelant la Turquie à revenir à la diplomatie. Une solution qui convient à la quasi-totalité des pays membres, mais la Russie a demandé plus de temps pour s’en référer à Moscou, et c’est finalement ce vendredi qu’on saura si une unanimité est obtenue.

C’est pour l’instant la voie préférée des Européens, qui ne veulent surtout pas froisser Erdogan, et risquer qu’il mette à exécution sa menace de relâcher trois millions et demi de réfugiés aux portes de l’Europe.

Le sénat américain, une solution ?

Aux États-Unis, l'indignation est toujours grande après la décision unilatérale de Donald Trump de laisser le champ libre aux Turcs en Syrie pour une offensive contre les Kurdes. Le sénateur républicain Lindsey Graham, normalement un proche du président américain, avec son collègue démocrate, Chris Van Hollen, a introduit mercredi une proposition de texte au sénat. Celui-ci vise à sanctionner très sévèrement la Turquie si elle ne retire pas son armée de Syrie. Ce projet imposerait au gouvernement de Donald Trump de geler les biens aux États-Unis des plus hauts dirigeants turcs, y compris le président Recep Tayyip Erdogan et ses ministres des Affaires étrangères, de la Défense, des Finances, du Commerce et de l'Énergie. Est-ce que cette proposition a une chance d'aboutir ? Ecoutez ce qu'en pense Philippe Golub, professeur de relations internationales à l'Université américaine de Paris.