Tunisie : 36 migrants ivoiriens dont 4 enfants et une femme enceinte retrouvés abandonnés dans le désert après une arrestation

Trente-six migrants (36) ivoiriens dont 21 hommes, onze femmes (une enceinte) et quatre enfants, auraient été déposés dans le désert à côté de la frontière tuniso-libyenne dans la nuit du 3 au 4 août, suite à une arrestation après une tentative d’immigration clandestine. 


L’un d’eux avait publié UNE VIDEO dimanche pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils avaient été abandonnés, sans eau ni nourriture.

"(…) On était à la préparation de la fête de l’indépendance de notre pays, la Côte d’Ivoire. [Des Tunisiens] viennent, ils nous prennent et ils nous envoient dans un désert. (…)Et ils nous mettent à la frontière. Ils savent que la Libye est un pays dangereux.  Suivent alors les témoignages d’une femme enceinte et d’une mère qui se plaignent des conditions dans lesquelles elles se trouvent : "On n’a pas à manger. (…) Nos enfants n’ont pas d’eau à boire. Ayez pitié de nous." peut-on lire dans la vidéo.

Selon RFI, ces 36 migrants ivoiriens abandonnés près de la frontière tuniso-libyenne iraient mieux et seraient pris en charge. Une nouvelle confortée par la vidéo Facebook publiée le 6 août de l’Assivat, une association d’Ivoiriens basée à Tunis : « Nous vous donnerons plus de détails d’ici quelques jours, mais soyez rassurés, nos compatriotes sont en sécurité et vont bien » confirmé l’auteur.

Suite à la pression de plusieurs associations humanitaires tunisiennes et internationales, les autorités ont confirmé des arrestations à Sfax et des refoulements à la frontière après des tentatives d’immigration clandestine.

Deux communiqués, l’un émanant du ministère de l’Intérieur, l’autre de celui de la Défense, font état d’arrestations samedi. Le premier, celui de l’Intérieur, parle de l’arrestation de 70 personnes "de nationalités différentes" à Sfax (sud du pays) qui se préparaient à une traversée clandestine.

Le second fait quant à lui état de l’arrestation de 53 personnes – 20 Soudanais et 33 Ivoiriens –, sans documents d’identité, qui ont été arrêtés alors qu’ils étaient en train de traverser clandestinement la frontière tunisienne. Ils ont été renvoyés en Libye, après que les autorités leur ont signifié de passer par "les points de passage réglementaires".

De son côté, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Hayyouni, a nié, sur les ondes de la radio tunisienne Express FM, un quelconque lien entre ces arrestations et les personnes visibles sur la vidéo, dont il a mis en doute la vraisemblance : "N’importe qui peut rassembler un groupe et les filmer en disant qu’ils ont été abandonnés au milieu de nulle part."

L’ONU quant à elle a manifesté, mercredi son inquiétude mercredi devant leur traitement et les ONG ont dénoncé une « violation de leurs droits » contraire aux politiques d’accueil humanitaires habituellement pratiquées par la Tunisie.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a également regretté le non-respect par les autorités tunisiennes de la procédure réglementaire en cas d’arrestation de migrants en situation irrégulière : « Les procédures opérationnelles adoptées auraient supposé que les migrants soient référés au Croissant rouge tunisien, appuyé par l’OIM qui aurait été disponible pour évaluer leurs besoins, assurer une assistance médicale et humanitaire à ceux qui en avaient besoin, et par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) pour les migrants qui auraient souhaité demander une protection internationale. »

Ahopol avec RFI et les Observateurs