Sénégal : Macky Sall souhaite diriger le pays en se passant de Premier ministre

Le président Macky Sall a-t-il décidé d'orienter le Sénégal vers un régime de type présidentiel en confiant à son Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, reconduit samedi, la tâche de supprimer à moyen terme la fonction de chef de gouvernement ? Une réforme institutionnelle d’importance, dont les contours n’ont pas encore été détaillés.


Attendu depuis l’investiture de Macky Sall, le 2 avril, le nom du nouveau Premier ministre du Sénégal n’a pas suscité un grand étonnement, samedi 6 avril, tant Mahammed Boun Abdallah Dionne, en poste depuis juillet 2014, semblait le mieux placé pour se succéder à lui-même.

Membre de la garde rapprochée du chef de l’État, cet ingénieur de formation, passé par la BCEAO et l’ONU, avait notamment été son chef de cabinet lorsque Macky Sall était le Premier ministre d’Abdoulaye Wade.

Beaucoup plus surprenante est l’annonce faite par l’intéressé quelques minutes après sa nomination : il devra en effet préparer la suppression de sa propre fonction. Le président sénégalais lui a confié la tâche de présenter à l’Assemblée nationale, où il dispose d’une confortable majorité, une réforme qui « passera par la suppression de l’échelon intermédiaire de Premier ministre », a lui-même expliqué Mahammed Boun Abdallah Dionne depuis le palais présidentiel.

« Ce dont il s’agit, c’est de diminuer les goulots d’étranglement pour que l’information circule davantage » et pour que les réformes aient « davantage d’impact pour les populations », a-t-il souligné.

Pendant la période de transition, Mahammed Boun Abdallah Dionne cumulera ses fonctions à la Primature et celles de nouveau secrétaire général de la présidence de la République, dont les bureaux sont situés dans le palais présidentiel. Ensuite, « la deuxième fonction qui m’a été confiée prendra le dessus, bien entendu », a-t-il précisé.

« Nouvelle dynamique »

Macky Sall a décidé « d’insuffler une nouvelle dynamique à la conduite des affaires publiques » avec pour objectifs « la simplicité dans l’organisation », « la souplesse dans l’action » et « la clarté et la lisibilité des échelles de responsabilités », avait, peu avant, expliqué le secrétaire général de la présidence de la République sortant, Maxime Jean-Simon Ndiaye, désormais secrétaire général du gouvernement.

Le chef de l’État a donc décidé de « reconsidérer » la fonction de Premier ministre pour « être lui-même au contact direct avec les niveaux administratifs » chargés de conduire ses politiques, selon Maxime Jean-Simon Ndiaye.

« Il faudra faire une modification du poste de Premier ministre. Il faudra que l’on puisse répondre avec célérité aux demandes des populations et à la demande récurrente des jeunes sur l’emploi, aux questions de développement et à l’accès universel » aux services publics, avait confié dans l’après-midi Macky Sall à Mahammed Boun Abdallah Dionne, selon des images télévisées de leur entretien.

« Une fois la réforme passée, vous pourrez m’aider dans le suivi de la mise en œuvre de l’action du gouvernement », lui avait-t-il expliqué.

Réforme constitutionnelle

Au Sénégal, cette proposition de réforme inattendue a laissé sans voix la plupart des commentateurs. Macky Sall ne l’avait en effet jamais évoquée durant la campagne électorale, pas plus qu’il en a tracé les contours lors de ses récentes allocutions. Ni le 2 avril, à l’occasion de son investiture, ni le lendemain, lors de son adresse à la nation pour la fête nationale...


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