Sécurité, libertés publiques, média d'Etat: Affi attaque le régime Ouattara

  • 04/09/2013
  • Source : L'Inter


Dans le cadre des larges consultations qu'il a entamées depuis sa mise en liberté provisoire, le président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan, accompagné des membres de la direction de son parti, a échangé hier mardi 3 septembre, avec la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI).

A l'entame de cette rencontre qui a eu lieu au siège de l'Anopaci à Cocody, de 10 heures à 12 heures, l'ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo a fait savoir qu'il s'agissait pour lui et sa délégation d'entendre l'analyse de la première faîtière de la société civile ivoirienne sur les questions relatives aux droits de l'homme, à la réconciliation nationale, à la démocratie, etc. Donnant son propre point de vue sur la situation sociopolitique, Affi N'Guessan a estimé que le régime actuel a ramené la Côte d'Ivoire à l'ère du parti unique. « Les médias d'Etat sont caporalisés », a-t-il regretté, signalant au passage que notre pays « est revenu au parti unique » avec de telles pratiques. « C'est une situation inacceptable », a relevé le président du FPI.

Il a surtout déploré l'impossibilité pour les partis de l'opposition d'exercer librement leurs activités dans un contexte de violence entretenue par des groupuscules proches du pouvoir. Sur ce point, il a rappelé les premiers meetings que son parti a essayé d'organiser après avril 2011 et qui ont été réprimés dans le sang à Koumassi, Yopougon, Bonoua, etc.

Sans oublier les nombreuses autres manifestations empêchées ou interdites par le pouvoir. « Depuis, c'est le calme plat », a-t-il déploré, tout en marquant sa détermination à faire face à cette situation. « C'est un combat à ne pas abandonner. Sinon, nous aurons abandonné le combat de la démocratie », a dit Affi N'Guessan. Parlant de la sécurité publique, l'ex-prisonnier de Bouna a indiqué que « personne n'est en sécurité en Côte d'Ivoire ».

Avant son intervention, le Coordonnateur national de la CSCI, Dr Christophe Kouamé, a fait part du désaccord de la faîtière avec les lois sur l'apatridie, la nationalité couplée au foncier rural et la saisine de la CSCI au Conseil constitutionnel, aux fins de reporter l'adoption de ces lois. Après avoir exposé la vision de la société civile sur la réconciliation et la sécurité, le Dr Christophe Kouamé a invité les dirigeants à éviter les mauvais arrangements politiques. Il faisait allusion à l'accord de Linas Marcoussis, d'où sont issus les lois sur l'apatridie, la nationalité et le foncier qui font couler beaucoup d'encre et de salive.

Se sentant interpellé, Pascal Affi N'Guessan qui a signé cet accord en janvier 2003 pour le compte du FPI, a dit avoir agi dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire. « J'ai la conscience d'avoir agi dans l'intérêt de mon pays », s'est-il justifié.Pour lui, les initiateurs de la table ronde de Linas Marcoussis étaient surtout animés d'une volonté d'humilier Laurent Gbagbo et ses partisans. « L'humiliation a beaucoup joué. Il y a eu beaucoup d'émotion. Et les conditions du désarmement et de la réunification n'ont pas été créées, sinon, on n'en serait pas arrivé à ce qui s'est passé en 2010-2011 », a fait observer le chef de la délégation du FPI. Dans l'ensemble, les deux délégations ont échangé sur la nécessité d'adapter les lois ivoiriennes au contexte sociopolitique actuel, le respect des lois, l'Etat de droit, etc.

Hippolyte Oulaï