Russie: avec une élection jouée d'avance, Vladimir Poutine ne fait pas campagne

Vladimir Poutine n’a donné qu’un seul discours que l’on pourrait qualifier de discours de campagne et n’a fait qu’une seule apparition lors de ce qui pourrait ressembler à un meeting électoral. Le président russe a choisi de faire l’impasse sur la campagne, ne participe pas aux débats télévisés, limite ses déplacements au strict minimum et lorsqu’il se déplace c’est dans le cadre de ses fonctions de chefs d’Etat et dans des conditions très encadrées, sans réel contact, ni avec la presse, ni avec les électeurs.

Le seul moment qui a ressemblé à un semblant de campagne électorale est le concert de soutien organisé il y a dix jours à Moscou, dans le principal stade de la ville. Vladimir Poutine était présent, devant des dizaines de milliers de partisans. Son discours a duré moins de trois minutes, montre en main, preuve, s’il en fallait, du peu d’attention que le président sortant accord à cette campagne électorale.

Plusieurs inconnues sur le programme du candidat Poutine

Les seuls éléments dont dispose l’opinion publique sur le programme de Vladimir Poutine sont issus du discours prononcé le 1er mars devant les parlementaires russes. Un discours où il a été question durant près d’une heure des nouveaux missiles russes qui seraient capables de tenir tête aux défenses antimissiles américaines. Durant ce discours, le président sortant a donné des pistes, des indications sur ce que pourrait être son quatrième mandat : lutte contre la pauvreté, soutien au système de santé et aux infrastructures… Rien de précis et peu de mesures concrètes. Des intentions, un cadre et pas de vrai programme. Néanmoins, les électeurs russes de Vladimir Poutine vont sans doute devoir s’en contenter.

Un désintérêt (presque) inexplicable

Il est bien sûr impossible de se mettre dans la tête de Vladimir Poutine, même si certains s’y essaient avec beaucoup de talent. Difficile même, de se mettre dans la tête de son entourage et ainsi il ne reste de place que pour la spéculation. Première hypothèse : Vladimir Poutine considère que c’est dans son intérêt de ne pas faire campagne car il joue la carte du président au-dessus des partis, au-dessus des petits candidats qu’il écrase de sa stature, de son bilan, de ses 18 années passées au pouvoir. Deuxième hypothèse : il considère que l’élection est gagnée d’avance, il n’a donc pas besoin de mouiller la chemise car tout cela le fatigue terriblement. Il fait donc l’impasse sur une campagne électorale qu’il estime inutile. Le président sait qu’il ne prend guère de risque, son premier poursuivant étant crédit de seulement 7 % des intentions de vote, en la personne du communiste Pavel Groudinine. En revanche, Vladimir Poutine prend tout de même le risque de favoriser l’abstention. L’un des objectifs, lors de cette élection, étant d’éviter une abstention trop forte qui viendrait saper la légitimité de cette réélection jouée d’avance.