Prise en charge des personnes handicapées en Côte d’Ivoire : un ministère dédié à la question au sein du gouvernement s’impose (Dogo Raphaël)

  • 20/07/2021
  • Source : LeBabi.net
‘’Pour une meilleure prise en charge des personnes en situation de handicap, le gouvernement ivoirien doit mettre sur pied un ministère dédié à la question’’, a déclaré Dogo Raphaël, le président de la Fédération des Handicapés de Côte d'Ivoire (FAHCI) lors d'un séminaire, le jeudi 15 juillet 2021 en présence de la Direction de la Promotion des Personnes Handicapées (DPPH) et des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine.


En effet, panéliste au séminaire co-organisé par Internews et l'ONG espoir handicap le jeudi dernier, à Cocody, à l'attention des rédacteurs en chefs et journalistes de Côte d'Ivoire portant sur l'amélioration des couvertures médiatiques des questions liées aux personnes handicapées en territoire ivoirien, le ministre Dogo Raphael, président de la FAHCI avait pour mission de présenter l’état des lieux de la vie des handicapés en Côte d’Ivoire. 

Pour lui, la Côte d'ivoire compte plus de 3 millions de personnes vivant avec un handicap qui font face quotidiennement à la stigmatisation et sont confrontées à des difficultés liées à l’insertion socioprofessionnelle, à l’éducation et à l’accessibilité aux transports et bâtiments publiques.

« Au niveau de l’accessibilité du genre et de l’éducation. Il faut noter que l’accès à l’éducation est difficile pour les personnes handicapées. 98% des enfants handicapés n’ont pas accès à l’éducation. Seulement 49% des handicapés diplômés sont insérés dans le monde de l’emploi. Sur la question de l’accessibilité aux bâtiments publiques (…) il n’y a aucun aménagement pour faciliter l’accès aux transports publiques et mieux organiser les lieux de détente et de loisir. Au niveau du genre, on remarque qu’il y a plus d’hommes handicapés que de femmes. Aussi, nous avons constaté que l’accès à l’information public en cote d’ivoire est très restreint pour les personnes en situation de handicap », a déclaré Dogo Raphaël. 

Le premier responsable de la FAHCI a néanmoins félicité les institutions ivoiriennes pour les lois en la matière car pour lui " la Côte d'Ivoire n'a plus besoin de nouvelle loi sur la question des handicapés, elle en a adopté une multitude et en a ratifiés quelques unes sur le plan international", mais dit regretté la non application de ces dernières. 

« Comme il peut être constaté, la Côte d'Ivoire trône dans le peloton de tête des pays africains en matière de lois et textes en faveur de la promotion et de la protection des droits des personnes en situation de handicap. Et c'est tout à l'honneur du gouvernement et des législateurs ivoiriens. Mais force est de constater qu'aucun changement qualitatif important n'est intervenu dans le regard porté par la société sur les personnes handicapées, faute de suivi et de contrôle de la mise en œuvre des actions » dira t-il. 

Pour lui, un ministère dédié aux handicapés en Côte d'Ivoire s'impose pour aboutir aux résultats escomptés et à l'inclusion tant désirée.

Changer le regard des individus sur les personnes en situation de handicap et surtout aboutir à une inclusion véritable dans tous les domaines de la vie tout en créant un cadre juridique approprié. Tels sont en substances les objectifs visés par ce projet qui réunit les hommes et femmes de médias en Côte d'Ivoire autour du thème : « Changer la narration : Amplifier les voix des personnes handicapées à travers une meilleure couverture médiatique en Côte d’Ivoire ».
 
Quant à sa majesté Agnès Kraidy qui intervenait à ce séminaire en tant qu'expert, elle a exhorté les responsables des médias ivoiriens et les journalistes qui y font classe à faire preuve d'humanisme et d'impartialité dans le traitement des questions liées aux personnes en situation de handicap.

« Le journaliste primaire doit pouvoir s’inscrire dans une sorte de réhumanisation de son métier en questionnant son métier de manière à faire en sorte que le sujet qui est traité puisse toucher les problématiques qui touchent à l’humain, qui touchent donc à notre humanité, notre fraternité et notre cohabitation ». 


Paul N'diaye, représentant la structure internationale Internews a tenu à préciser qu'au terme de ce projet qui est prévu se dérouler sur 6 mois, une subvention sera octroyée aux journalistes qui seront retenus pour approfondir leurs recherches sur la question.

Il faut noter que la Côte d’Ivoire est le cinquième pays africain à intégrer ce projet porté par Internews. Elle rejoint le Kenya, le Libéria, la Tanzanie et la RDC. 

Internews est une organisation internationale à but non lucratif. Fondée en 1982 en Californie. Elle a travaillé dans plus de 70 pays et formé plus de 80.000 personnes aux compétences médiatiques. Elle s’attaque à la désinformation et aide en apportant une expertise aux médias à devenir financièrement viables.

Varol