Port-Bouët : crime Un homme égorgé à son domicile au lendemain de sa sortie de prison

Ouattara Ambaouli Hadjédji, technicien-auto, âgé de 36 ans, a été retrouvé mort à son domicile, « Adjouffou dernier arrêt », quartier de la commune de Port-Bouët. Et sa mort est loin d'être naturelle. Des indices assez clairs sont là, pour démontrer qu'il a tout simplement été zigouillé. Un acte criminel qui, depuis, suscite un faisceau de commentaires divers dans le quartier habité par le défunt.


Sur ces tristes faits, nos sources expliquent, que bien avant, le technicien-auto séjournait en taule. Mais sur la gaffe qui l'a conduit à la Maca, nos sources ne semblent pas vraiment informées là-dessus. Une chose est toutefois certaine, c'est que l'homme passe un bon moment au mitard.

Après avoir purgé sa peine, son billet de sortie de la Maca est signé par les autorités pénitentiaires, à la date du mercredi 17 avril 2019. Et ce jour-là, il fait ses bagages et fait des adieux ou pourquoi pas, dit au revoir à ses co-détenus.

Et le lendemain jeudi 18 avril, il sort enfin de taule et hume à plein nez, l'air de la liberté. Son baluchon en main, l'homme regagne son domicile dans la soirée. Fort heureusement pour lui, le propriétaire de la piaule s'est gardé de l'en expulser.

Une fois qu'il pénètre dans sa maison, Ambaouli Hadjédji constate que la saleté a colonisé celle-ci. Partout de la poussière. Non, il ne peut pas dormir dans un tel environnement. Alors, le même soir, il retrousse les manches, lave la maison et remet tout en ordre jusque très tard dans la nuit. Ses voisins qui ont été heureux de le voir à nouveau, lui disent alors bonne nuit et partent se coucher. L'heure étant très avancée.

Plus tard, le jour se lève. Là, les voisins remarquent que la porte de l'ex-prisonnier est entrouverte. Mais voulant le saluer et lui souhaiter à nouveau la bienvenue, ils ne le voient malheureusement pas sortir ou encore rentrer chez lui. Après avoir vainement attendu, ses deux voisins, que sont le chauffeur T.M et le commerçant S.Y, décident finalement d'aller vaquer à leurs occupations. Et qu'à leur retour le soir, ça pourra toujours se faire.

Mais lorsque ce soir-là, ils regagnent leur cour commune, la porte de Ambaouli Hadjédji est toujours entrouverte et toujours de la même façon. Rien n'a changé. Cette fois, les deux hommes se doutent de quelque chose. Mais quoi ? Il faut le savoir.

C'est pourquoi, ils accèdent à l'intérieur de la maison. Tout de suite, ils sont frappés par la forte odeur du sang séché. Et que découvrent-ils au sol ? L'infortuné Ambaouli Hadjédji, mort et étendu sur le dos, dans une mare de sang.

S'éjectant du logis, les deux voisins, tremblant de tous leurs membres, alertent le propriétaire de la cour. Ce dernier fonce sur place, et découvre, lui aussi, l’horreur. C'est lui qui saisit le commissariat de police du 33e arrondissement dont des agents se rendent sur place et procèdent au constat d'usage.

Et au cours de celui, les agents des forces de police remarquent que le mort porte une large et profonde entaille dans le cou. Le technicien-auto a donc été égorgé. D'ailleurs, le couteau qui a servi à le faire, traîne à même le sol, près du cadavre. Les policiers le récupèrent comme pièce à conviction.

Puis, leur constat achevé, ils font appel aux services des pompes funèbres, qui enlèvent le corps sans vie, et le transfèrent à la morgue de l'Hôpital général de Port-Bouët. Cela, en présence du quartier médusé et qui s'interroge.

Mais qui a intérêt à tuer l'infortuné technicien-auto, juste à sa sortie de prison ? Avait-il des choses compromettantes à révéler, après voir recouvré la liberté ? Qui donc sa liberté gênait ?

Par ailleurs, la porte de la maison ne présentant aucune trace d'effraction, le malheureux a-t-il donc ouvert à quelqu'un qu'il connaît et qui se transformera en son bourreau ? Ce sont donc les questions que l'on se pose et auxquelles l'enquête policière s'emploie à trouver des éléments de réponse. En attendant, dans l'entourage du défunt, on reste baba face à ce crime.

 

KIKIE Ahou Nazaire