PDCI-RDA / Après les nominations dans les instances : Voici un autre son de cloche sur la grogne des militants

  • 05/11/2013
  • Source : L'Intelligent d'Abidjan
Le rideau est tombé sur le XIIè congrès ordinaire du PDCI-RDA. Le président Henri Konan Bédié a été réélu et a publié dans les deux semaines, la liste des membres des instances du parti, conformément aux décisions arrêtées au cours de ce congrès.

 L’unanimité des militants sur les choix opérés ne serait pas réelle. L’on a plutôt droit à des sons divergents et discordants sur la composition des nouvelles instances mises en place par Henri Konan Bédié. Devant ces mécontentements, un proche du parti a essayé de faire la lumière sur les divisions profondes entre les militants favorables à une modernisation de leur parti dans l’optique de la reconquête du pouvoir d’Etat et ceux qui y voient un affaiblissement du PDCI.

«Les listes publiées respectent l’esprit et la lettre du XIIème Congrès à telle enseigne que certaines hautes personnalités du Parti reçoivent des félicitations publiques des jeunes, puisqu’au XIème Congrès (2002), il avait été décidé 210 membres pour composer le Bureau Politique et 1000 pour le Grand Conseil ; on s’est retrouvé à 800 au Bureau Politique et 8 000 pour le Grand Conseil », soutient notre interlocuteur qui ajoute : «En fait, il faut reconnaitre que le PDCI-RDA est un grand vivier de cadres et certains n’ont peut-être pas perçu la portée des décisions du XIIème Congrès, notamment la réduction de la taille des instances qui entraînerait forcément plusieurs personnes non-cooptées. Comme exemple, c’est plus de la moitié de l’ancien Bureau Politique qui est rétréci, compte tenu de la cooptation de jeunes cadres et des femmes.

Cela ne va pas sans entraîner des frustrations. En plus, il semblerait que le principe de non-cumul de responsabilités au sein du Parti qui ressort des listes publiées par le président Bédié n’est pas accepté par certains cadres. On ne peut plus être à la fois secrétaire exécutif, inspecteur, membre des organes centraux et délégué départemental, qui est un organe décentralisé…
Ce vent de contestations a été perçu par le président Bédié qui en appelle à l’apaisement et a promis des solutions en complétant les commissions techniques nationales, dont on ne connaît que les présidents et vice-présidents, en renforçant l’inspection du parti pour mieux superviser les délégations et les sections et en procédant à la nomination des membres des Grands Conseils régionaux», révèle notre interlocuteur qui estime que «cela pourra ramener la sérénité dans la famille PDCI sauf si, comme le soutiennent certains cadres, cette pseudo-agitation est le fruit d’une campagne orchestrée pour discréditer les maîtres d’œuvre de cette profonde réforme ; et que cela dénoterait d’une guerre de positionnement engagé par un camp proche du secrétariat exécutif».

Selon notre source, la guerre de positionnement fait vraiment rage au PDCI, «les problèmes de personnes semblent prendre le dessus sur la modernisation du vieux parti et le président Félix Houphouët-Boigny disait à cet effet : «les problèmes de personnes n’ont pas de solutions». Est-ce à dire que le PDCI ira jusqu’à l’implosion, au moment où les uns et les autres font un rapprochement sur l’éventualité d’une candidature d’Henri Konan Bédié en 2015 avec la tournée que certains militants du Pdci et du Rdr qualifient d’équivoque et qu’il effectue en Afrique centrale ? L’avenir nous le dira.
 
O.Dion