Nouvelle monnaie de la Cedeao: Les billets d'eco ne seront pas en circulation avant plusieurs années, Romuald Wadagni (Pdt du Conseil des ministres de l'Uemoa) : «Le processus prend du temps»

Dans une interview qu'il a accordée à Rfi et mise en ligne le lundi 23 décembre 2019, le ministre béninois des Finances, Romuald Wadagni, par ailleurs président du Conseil des ministres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a donné des explications sur le chronogramme de l'adoption des réformes du fcfa et de la mise en circulation de la nouvelle monnaie eco.


Sur la question des réformes du fcfa telles qu'annoncées par le président de la République de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l'Uemoa, à savoir, passez du fcfa à l'eco et les autres aspects organisationnels, Romuald Wadagni a fait savoir que selon la feuille de route de la Cedeao, l’évaluation est prévue pour être faite en 2020.

Ainsi, les grandes décisions seront adoptées à la suite de la réunion décisive de juin 2020. «Juin, parce que généralement, c’est à la fin du premier semestre que les données macroéconomiques sur les performances économiques [de chaque pays] sont disponibles pour l’année précédente. C’est-à-dire qu’autour de juin, la Commission de la Cedeao et les différentes instances devraient être en mesure d’apprécier le respect des critères de convergence de chaque pays à fin 2019. C’est pour cela que tout le monde parle de cette date», a clarifié M. Wadagni.

En ce qui concerne le changement de billets (fcfa pour eco) et la mise en circulation des premiers billets d'eco, le président du Conseil des ministres de l'Uemoa s'est voulu très franc, soutenant que c'est un processus qui peut durer plusieurs années. «Je tiens à vous rappeler qu'entre le moment où l'on adopte une monnaie et la circulation des billets, il y a plusieurs années qui peuvent se passer, parce que c’est tout un processus, des dispositions qui prennent du temps», soutiendra-t-il.

Romuald Wadagni a insisté particulièrement sur cette question, laissant comprendre qu'il est techniquement impossible de sortir des billets d'eco pour remplacer dès 2020 le fcfa actuellement en circulation, «sauf décision souveraine des chefs d’État». «Le processus prend du temps. Ce n’est pas un processus qui dure quelques jours», a-t-il ajouté.

Autres sujets que le fonctionnaire de l'Uemoa a abordés portent sur la garantie de convertibilité illimitée et la parité fixe. Pour le président Wadagni, il fallait conserver ''ces deux paramètres clés''. Et c'est d'ailleurs ce qui justifie que la France soit encore présente dans la gestion de la politique monétaire de la nouvelle zone monétaire qui va naître, à travers des accords lui permettant de garantir la convertibilité illimitée de l'eco.

Poursuivant, il a expliqué que la France reste garante en dernier ressort, à la demande des chefs d’État des pays de l’Uemoa, parce que les pays l'ont demandé en tenant compte du fait qu'ils vont exécuter une feuille de route d’une monnaie unique, nouvelle. Et surtout parce qu'ils ne veulent pas perturber les marchés, ne veulent pas casser le rythme de croissance des pays de la zone. Mais aussi pour préserver le pouvoir d’achat des populations et éviter d'entrer dans un cycle d’inflation. «Il fallait dans un premier temps garder ces paramètres importants. Nous avons eu des échanges avec la France qui a compris notre nécessité et ce besoin. Et nous avons trouvé les accords nécessaires dans ce sens», s'est-t-il voulu rassurant.

 

Élysée LATH