Lutte contre la criminalité et le grand banditisme: Les défis du Ccdo

  • 15/03/2014
  • Source : Nord-Sud
En un an, le commandant Issiaka Ouattara et ses hommes du Centre de coordination des décisions opérationnelles ont grandement contribué à faire reculer le grand banditisme à Abidjan. Mais ils n’entendent pas s’arrêter là.

La lutte contre l’insécurité ne connaît pas d’anniversaire. Pour marquer le premier anniversaire de la création du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo), les patrons de cette unité mixte ont sorti des chiffres qui confirment le recul du grand banditisme et de la criminalité, dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan.

Mais, ni le coordonnateur du Ccdo, le commissaire-divisionnaire Youssouf Kouyaté, ni le chef des opérations, le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao ne veulent baisser la garde. Pour cette année, Wattao entend poursuivre le maillage du territoire national, à travers le déploiement des hommes de cette unité dans les grandes villes du pays. Cette perspective est contenue dans un document bilan des activités du Ccdo, un an après sa création.

« Certes beaucoup a été fait, en dépit des difficultés inhérentes à ce genre de missions, eu égard au contexte de sortie de crise marqué par l’embargo sur les armes dont est victime la Côte d’Ivoire, mais il reste au Ccdo de poursuivre son extension aux grandes agglomérations de l’intérieur du pays afin de lui permettre de réussir le maillage du territoire à toutes les populations de la Côte d’Ivoire, par la baisse durable du sentiment d’insécurité », fait remarquer le commandement de cette unité créée sur les cendres de l’ex-Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos).

« L’extension du Ccdo aux grandes agglomérations de l’intérieur à travers les Groupements régionaux d’intervention et de sécurisation (Gris). Il s’agit dans l’immédiat des Gris de San Pedro, Duékoué, Yamoussoukro pour lesquels les infrastructures sont achevées et dont les déploiements en personnels sont attendus. Il s’agit également dans le court et moyen termes des Gris d’Abengourou, Bouaké et Korhogo pour lesquels des prospections de sites ont été déjà réalisées », apprend-on toujours auprès du commandement du Ccdo qui se fixe aussi pour défi : « la poursuite des équipements en matériels, tant en mobilité, en informatique, qu’en communication ».

Mais à Abidjan, le Ccdo devrait, selon nos informations, renforcer sa croisade contre les fameux gangs à la machette, encore appelés ‘’microbes’’. Le bilan des premières actions d’envergure engagées contre cette délinquance juvénile, laisse apparaître, selon les responsables de cette unité, que « le Ccdo à travers ses Groupements, a pu mettre la main sur 68 individus dont la plupart sont des gamins âgés de 13 à 16 ans. Ainsi le Secteur 1 d’Abobo a interpellé 21 individus, le secteur 2 d’Adjamé en a interpellé 27 et le secteur 3 de Yopougon 20. Ce phénomène est récurrent dans trois secteurs, c’est-à-dire le secteur 1 dans la Commune d’Abobo, le secteur 2 dans les communes d’Adjamé et Attécoubé et le secteur 3 à Yopougon. Les secteurs 4 (Cocody) et 5 (Abidjan-sud) restent pour l’heure les moins contaminés dans leurs zones respectives », relève le Ccdo, comme pour dire qu’il a pris la pleine mesure du problème.

« Les moyens supplémentaires que nous allons acquérir, devraient nous permettre de freiner sensiblement ce phénomène qui hante les Abidjanais », confie hors micro, un officier de police membre du Centre opération, ‘’l’état-major’’ du Ccdo.

« Ce qui nous réjouit, c’est surtout la confiance que la population place en nous. C’est d’autant plus encourageant que le Cecos, par exemple, avait une réputation qui n’honorait pas ceux qui appartenaient à cette unité. Ceux qui nous craignent, ce sont surtout les malfrats et autres bandits de grand chemin contre lesquels nous sommes en guerre », ajoute l’officier de police.
 
 
Marc Dossa