Le Sud-Coréen Kim Jong-yang élu président d’Interpol

Il était déjà président par intérim de la plus importante organisation de police au monde depuis la « démission » subite de son ancien patron, Meng Hongwei, accusé de corruption en Chine.


La police mondiale était privée de président depuis la « démission »subite et la disparition de son ancien patron, le Chinois Meng Hongwei. Réunis en assemblée générale depuis dimanche à Dubaï, les délégués d’Interpol ont élu mercredi 21 novembre son remplaçant : le Sud-Coréen Kim Jong-yang.

Celui-ci assurait l’intérim depuis la mystérieuse disparition de Meng Hongwei, alors qu’il effectuait un déplacement dans son pays. Les autorités de Pékin ont confirmé qu’il faisait l’objet d’une enquête pour corruption, et Interpol a accepté une lettre de démission sans signature manuscrite.

Un poste plus honorifique qu’opérationnel

Kim Jong-yang a ainsi été élu mercredi pour deux ans face au candidat russe Alexandre Prokoptchouk. Le Sud-Coréen devra terminer le mandat de quatre ans que M. Meng devait achever en 2020. Le poste de président est plus honorifique qu’opérationnel, le véritable patron d’Interpol étant dans les faits son secrétaire général. Celui-ci est jusqu’en 2019 l’Allemand Jürgen Stock.

L’élection du nouveau président de la plus importante organisation de police au monde a donné lieu à une passe d’armes entre Moscou et Washington, le Kremlin accusant les Etats-Unis d’ingérence après qu’un groupe de sénateurs américains a pris publiquement parti contre le candidat russe Alexandre Prokoptchouk.

A quoi sert Interpol ?

Interpol est une organisation internationale visant à prévenir et à combattre la criminalité et le terrorisme. Elle permet à ses cent quatre-vingt-douze pays membres de transmettre, d’échanger et de consulter des informations policières, même s’il n’existe aucune relation diplomatique entre eux. Son président est élu par l’assemblée générale, composée de délégués désignés par chaque pays membre, pour un mandat de quatre ans.

Créée en 1923 à Vienne sous le nom de « Commission internationale de police criminelle«  (CIPC), elle passe sous le contrôle de l’Allemagne nazie en 1938 à la suite de l’annexion de l’Autriche. La plupart des pays mettent alors fin à leur participation, et la CIPC cesse d’exister en tant qu’organisation internationale. Elle ne renaît qu’au lendemain de la deuxième guerre mondiale, en 1946, sous le nom d’« Interpol », dont le siège est en France.

Politiquement neutre, elle n’a pas le droit d’intervenir dans les affaires ne concernant qu’un pays membre. Ses activités concernent le trafic et la production de drogue, le terrorisme, le blanchiment d’argent, le crime organisé et la criminalité transnationale.