La Côte d’Ivoire rend un dernier hommage à Papa Wemba mort sur ses terres

  • 28/04/2016
  • Source : AFP
Témoignages et chants à la gloire de l’artiste: la "Côte d’Ivoire musicale" a rendu mercredi soir un dernier hommage à Papa Wemba, roi de la rumba congolaise décédé à Abidjan.

 
La dépouille de Papa Wemba devrait quitter Abidjan vers trois heures du matin (GMT et heure locale) pour Kinshasa.
 
Tout de blanc vêtus, près de 5.000 mélomanes ont pris d’assaut la salle Anoumabo du palais de la culture de Treichville, en bordure de la lagune, symbole de la ville d’Abidjan.
 
Sur le podium est installé une chapelle ardente, entourée d’une dizaine de gerbe de fleurs surmonté par un poster géant sur lequel on pouvait lire: "la Côte d’Ivoire te pleure, Viva Wemba".
 
La veuve du chanteur décédé à 66 ans dans la nuit de samedi à dimanche après un malaise sur scène à Abidjan, Marie Rose dit +maman Amazone+ est arrivée dans la salle sous des applaudissement nourris.
 
Le maitre de cérémonie s’est incliné devant la chapelle donnant le top départ de l’événement.
 
"L’Afrique pleure un fils, la Côte d’Ivoire pleure un frère, la RDC un père", lance l’animateur-vedette en Côte d’Ivoire, Yves Zogbo Junior.
 
De nombreux chanteurs vont défiler tour à tour sur la scène pour chanter ou délivrer un message.
 
"On est venu pleurer Wemba, un monument", lance la star de la chanson ivoirienne, Aïcha Koné qui n’était pas apparue en publique à Abidjan depuis plus de cinq ans.
 
Le styliste nigérien Seidnaly Sidhamed alias Alphadi, promoteur du Festival international de la mode en Afrique "FIMA", est arrivé précipitamment à Abidjan pour rendre hommage à son ami de "vingt ans, un créateur comme lui" .
 
"Un artiste ne meurt pas"
 
Papa Wemba était également surnommé le prince de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), mouvement dont il a été l’un des initiateurs au Zaïre dans les années 70 et qui se caractérise par les plus grandes audaces vestimentaires.
 
L’acteur ivoirien Isaach de Bankolé se souvient avoir joué avec l’"illustre disparu" dans le film français "Black mic-mac" qui relate la vie des Africains en France.
 
"Merci Wemba! pour tout ce que tu as fait pour nous permettre de nous amuser pour nous permettre d’aimer", a-t-il déclaré.
 
La légende de la chanson congolaise a été décorée à titre posthume "Commandeur de l’ordre national" de Côte d’Ivoire, la plus haute distinction du pays.
 
Plus tôt, en fin de journée, le cercueil blanc du chanteur est apparu sous des applaudissements et une mélodie de l’artiste, lors d’une cérémonie.
 
Le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, entouré de nombreux membres de son gouvernement y ont assisté.
 
L’ancien président ivoirien (1993-1999) Henri Konan Bédié, parrain du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) était également présent, aux côtés de Salif Traoré, dit A’Salfo, leader de Magic System et organisateur du festival.
 
Papa Wemba est mort alors qu’il participait au festival à Anoumabo, quartier populaire d’Abidjan qui a vu naître Magic System, groupe star de la musique ivoirienne.
 
"Un artiste ne meurt pas. Un artiste meurt pour être encore plus grand. Papa Wemba mort, est désormais plus grand que vivant", a déclaré le ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman.
 
ck/we