En Libye, le maréchal Haftar lance la

Le chef de l'Armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, a annoncé jeudi, dans un disours retransmis à la télévision, avoir relancé son offensive sur la ville de Tripoli.


Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen qui tente depuis le 4 avril de s'emparer de la capitale libyenne, a annoncé, jeudi 12 décembre, avoir donné l'ordre à ses hommes de lancer la "bataille finale" pour le contrôle de Tripoli.

"L'heure zéro a sonné pour l'assaut large et total attendu par tout Libyen libre et honnête", a-t-il déclaré, dans un discours à la télévision al-Hadath acquise à sa cause.

En uniforme militaire, le maréchal Haftar a annoncé "la bataille décisive et la progression vers le coeur de Tripoli". "Avancez maintenant, chacun vers son objectif", a-t-il dit à l'adresse de ses troupes.
 

Les forces du maréchal Haftar ont souvent fait l'annonce d'avancées ou d'actions militaires décisives qui ont, finalement été suivies de peu de changements concrets sur le champ de bataille. En avril dernier, l'ANL a lancé une offensive contre le régime de Tripoli, reconnu par la communauté internationale, qui a été arrêtée à sa périphérie par les forces fidèles au gouvernement d'union nationale.
 

"Nouvelle tentative désespérée"

De leur côté, ses rivaux, loyeux au gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, ont affirmé que la situation était "sous contrôle" et qu'ils maintenaient leurs positions au sud de la capitale, où se concentrent les combats depuis le début de l'offensive des forces pro-Haftar.

"Nous sommes prêts à repousser toute nouvelle tentative folle du putschiste Haftar", a réagi Ftih bashagha, le ministre de l'Intérieur du GNA. À la télévision Libya al-Ahrar, celui-ci a qualifié l'annonce faite par Haftar de "nouvelle tentative désespérée".

Annonce qui intervient après une "journée de victoires" pour les pro-GNA, selon le porte-parole des forces du GNA, Moustafa al-Meiji. Ce dernier a fait état de violents combats autour d'Al-Yarmouk, une caserne au sud de la ville qui a changé plusieurs fois de camp depuis avril.

Le porte-parole des forces du GNA dit toutefois craindre de voir les troupes du maréchal Haftar "dans le désespoir, bombarder des quartiers résidentiels. Mais il (Haftar) n'échappera pas à la sanction."

Après avoir prévu une victoire rapide en annonçant son offensive contre Tripoli, le maréchal Haftar avait aussi promis en juillet une "victoire imminente", sans toutefois que ses promesses ne se traduisent par une percée sur le terrain.

Depuis le début des combats en avril, plus de 1 000 personnes personnes sont mortes et plus de 140 000 ont été déplacées, selon l'ONU.

Avec Reuters