Un portrait géant, des chants à sa gloire, son nom floqué sur les t-shirts. Le FC Nantes et son public ont honoré la mémoire d'Emiliano Sala mercredi. Le premier match depuis la disparition du joueur s'est conclu par un nul face à St-Étienne.


Il est des soirs où le football pèse bien peu et mercredi 30 janvier était l'un de ceux-là. Ce retour au jeu, les Nantais l'appréhendaient mais le désiraient aussi, car le footballeur argentin Emiliano Sala le modeste et surtout le battant n'aurait sans doute pas voulu les voir s'apitoyer.

Dans l'après-midi, l'annonce de la découverte de débris appartenant vraisemblablement à l'appareil dans lequel le joueur a disparu avait encore ajouté un air d'adieu à ce rendez-vous.

Présent partout

Du portrait géant affiché sur le grilles du stade et devenu une sorte de petit sanctuaire à sa mémoire garni de fleurs et de bougies, à son visage s'affichant dans le rond central avant le match, ou encore son nom floqué sur le maillot de tous les Canaris, Sala était partout présent.

Après un magnifique tifo en forme de drapeau argentin et une banderole proclamant que les fans, mercredi soir, encourageraient "avec l'accent argentin", les chants à sa gloire ont rythmé le match, repris bien au delà de la Tribune Loire - le chœur habituel du stade - par les quelque 29 000 spectateurs présents.

"Emiliano Sala, il est argentin, et il ne lâche rien, Emiliano Sala, Emiliano Sala, Emiliano Sala", clame la chanson à sa gloire et Nantes n'a rien lâché.

Menés peu avant l'heure de jeu sur un but de Rémy Cabella, qui a eu l'élégance de ne pas le célébrer, les Canaris sont allés chercher une égalisation méritée sur un débordement de Kalifa Coulibaly, qui aura la lourde tâche de prendre la relève de Sala à la pointe de l'attaque. Son centre à ras-de-terre a trouvé Majeed Waris qui a trompé Stéphane Ruffier du plat du pied (1-1, 70e).

Touché, le Ghanéen a mis un peu de temps à soulever son maillot pour montrer le portrait de Sala qu'il portait en dessous, mais Abdoulaye Touré avait pris un tshirt barré de "Emi, on t'aime" pour le brandir devant la Brigade Loire, le principal groupe de supporters nantais, provoquant un petit début d'envahissement de terrain, vite réglé.

La soirée s'est terminée par un tour du terrain par toute l'équipe, sous les applaudissements debout et les chants du public. L'émotion collective provoquée par cet hommage et surtout le souvenir du joueur qui l'a suscitée autant par sa personnalité attachante que par son talent de buteur, elle, restera gravée longtemps dans les cœurs nantais.

Avec AFP