Égypte : l’ancien président Mohamed Morsi meurt en plein procès

Mohamed Morsi est mort ce lundi des suites d'un malaise après une audition devant le tribunal du Caire où se déroulait son procès. Il était âgé de 67 ans.


L’ex-président égyptien Mohamed Morsi est mort après une audition au tribunal au Caire à la suite d’un malaise, a annoncé ce lundi la télévision d’Etat égyptienne. L’ex-dirigeant avait été élu en 2012 après la révolte qui avait provoqué le départ d’Hosni Moubarak dans le cadre du printemps arabe. Il avait ensuite été renversé en 2013 par Abdel Fattah al-Sissi, l’actuel président.

Selon des sources sécuritaires et judiciaires, l’ancien président en détention depuis 2013 s’était exprimé devant le tribunal avant de s’effondrer, puis d’être conduit à l’hôpital où il est décédé. Il comparaissait dans une affaire d’espionnage en raison de contacts considérés comme suspects avec le Hamas palestinien, une émanation des Frères musulmans, et le Qatar, qui héberge le guide spirituel de la confrérie.

Erdogan salue un « martyr »

Peu après l’annonce de sa mort, le président turc Recep Tayyip Erdogan a rendu hommage à l’ancien président égyptien, issu des Frères musulmans, qu’il a qualifié de « martyr ».

Mohamed Morsi, incarcéré depuis 2013, purgeait une peine de prison pour falsification de documents produits en vue de sa candidature à la présidentielle en 2012. Il avait été jugé dans plusieurs affaires, dont un dossier d’espionnage pour l’Iran, le Qatar et des groupes militants comme le Hamas à Gaza. Il a également été accusé de fomenter des actes de terrorisme.

Depuis sa destitution, son ancien ministre de la Défense, Abdel Fattah al-Sissi, a mené une répression sans merci contre l’opposition islamiste, et en particulier les Frères musulmans. Des milliers de membres du mouvement islamiste ont été emprisonnés.

Les années qui ont suivi le coup de force de l’armée ont vu une succession d’attaques visant les forces de l’ordre, avec des centaines de policiers et militaires tués, et une véritable insurrection jihadiste localisée dans le nord-Sinaï, région devenue un bastion du groupe État islamique.

« La marionnette des Frères musulmans »

Ingénieur de 67 ans, Mohamed Morsi fut le premier civil élu à la tête de l’Égypte. Issu d’une famille d’agriculteurs, il s’était affiché lors de la présidentielle de 2012 comme le garant des idéaux démocratiques de la révolte de 2011 déclenchée par la jeunesse libérale et laïque, mais à laquelle les Frères musulmans s’étaient ralliés, par opportunisme selon leurs détracteurs.

Il avait été surnommé « la roue de secours », remplaçant de dernière minute du premier choix des Frères musulmans, l’homme d’affaires Khairat al-Chater, inéligible, mais avait remporté le scrutin, de justesse, face à un cacique du régime de Hosni Moubarak.

Élu député « indépendant » de 2000 à 2005, ce technocrate a gravi les échelons des Frères musulmans sans se faire particulièrement remarquer. Emprisonné en 2006 pendant sept mois, il est brièvement incarcéré durant le soulèvement contre Hosni Moubarak en 2011. Après la révolte, il prend la tête du parti de la Liberté et de la Justice, vitrine politique des Frères...


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