Côte d’Ivoire : comment l’attiéké peut conquérir les fast-foods du monde entier

  • 21/07/2021
  • Source : Jeune Afrique
Spécialité culinaire des Ebrié de Côte d’Ivoire, l’attiéké – une des composantes, avec le thon frit, du garba – est en voie de labellisation.

Pour qui s’intéresse à la Côte d’Ivoire,  difficile, voire impossible de n’avoir jamais entendu parler de l’attiéké.  Semoule à base de tubercule de manioc, cette spécialité culinaire du peuple Ébrié est sans aucun doute le plat le plus représentatif du pays des Éléphants. Bien que le mot attiéké soit ébrié, il est possible qu’il ait quelque rapport avec le mot tchaakri, une semoule de sorgho, en langue pulaar. Est-ce un emprunt culinaire ?

L’attiéké se décline sous plusieurs formes selon le calibre du grain. Et l’une de ces formes, souvent de troisième gamme, est, avec du thon frit, une des composantes du garba, un fast-food local qui détient inéluctablement la palme d’or des menus de rue, surtout dans les métropoles comme Abidjan ou Yamoussoukro. Dans l’imaginaire national, le mot garba vient de Garba, un nom propre supposé être celui d’un ressortissant nigérien célèbre pour la commercialisation de ce mets dans les années 1980. En dépit du fait que cette considération soit répandue même dans les milieux scientifiques et médiatiques, des données factuelles tendent à prouver le contraire. L’histoire du garba commence plutôt dans les années 1970.

Le 5 janvier 1970, le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny met en place un nouveau gouvernement, le sixième de la première République. Il nomme Dicoh Garba au ministère de la Production animale. Pour rappel, celui-ci occupait le poste de directeur adjoint des Pêches maritimes et lagunaires à Abidjan, au sein du même ministère depuis 1966. Ce docteur en médecine vétérinaire, reconduit dans les gouvernements successifs, a dirigé ce département ministériel pendant une dizaine d’années, au cours de laquelle il a valorisé la pêche du thon... La suite sur Jeune Afrique



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