Côte d'Ivoire : autorités, experts et habitants s'inquiètent de la dégradation des côtes maritimes

  • 03/09/2014
  • Source : Xinhua
La problématique de la détérioration des côtes maritimes figure au rang des problèmes environnementaux majeurs auxquels tente de faire face la Côte d'Ivoire.

L'érosion maritime constitue une préoccupation pour les autorités du pays qui ont tiré la sonnette d'alarme face à l'avancée de la mer qui détruit les côtes.
En juin dernier, le ministre ivoirien de l'Environnement Rémi Alla Kouadio avait plaidé pour des actions vigoureuses.
 
De son avis, il convient de mener des actions courageuses pour freiner l'avancée de la mer et assurer par ailleurs la surveillance du littoral au moyen de la télédétection, pour permettre d'éviter le pillage des ressources biologiques.
 
M. Alla Kouadio avait également déploré les méfaits du changement climatique qui entraîne des catastrophes à des échelles non maîtrisables.
 
"Il y a une surexploitation des ressources halieutiques et un développement intense des activités socio-économiques et des infrastructures à proximité de la zone côtière ivoirienne. Ceci a conduit à une forte pression démographique, au non-respect de la réglementation et à l'occupation anarchique des espaces naturels", a-il dénoncé.
 
Des experts ont pour leur part expliqué que "l'érosion côtière est la conséquence de la conjugaison de deux facteurs dont l'un est naturel et l'autre humain".
A en croire ceux-ci, les changements climatiques ont une influence sur le niveau des eaux maritimes et cette augmentation du niveau de la mer est exacerbée par l'action de l'homme".
 
"De nombreuses personnes s'adonnent aux activités de pêche, créent des restaurants et des bars en bordure de mer. S'ajoutent à cela les activités liées à l'extraction du sable", ont-ils illustré.
 
LA MER AVANCE D'UN METRE CHAQUE ANNEE
Lors d'un atelier des experts tenu fin août à Abidjan, le directeur général de l'Environnement Georges Kouadio Kouamé a révélé que la mer avance en moyenne d'un mètre chaque année.
 
"La situation est alarmante. Il est nécessaire de réagir très vite", a alerté M. Kouamé. Il a indiqué que les localités considérées comme les points chauds du littoral ivoirien ont été identifiées.
 
"Il s'agit des localités de Grand – Bassam, Assinie (sud(est), San Pedro et Grand Lahou (sud-ouest)", a-t-il énuméré, faisant remarquer que l'avancée dépend des zones.
 
L'inquiétude grandit également chez des populations face à la dégradation des côtes maritimes.
 
Plusieurs habitants de Grand Bassam interrogés ont déclaré avoir le sommeil troublé par l'avancée de la mer en raison des menaces de l'océan sur leurs habitations et leurs lieux d'activité.
 
"Il y a quelques années de cela, ma maison était loin de la mer mais aujourd'hui elle n'est plus qu'à quelques mètres. Les vagues ont déjà emporté le mur qui était censé nous protéger", a déclaré Rémi Nponou, un habitant.
 
Félix Tolou, propriétaire d'un bar, a été contrait de fermer son espace commercial situé en bordure de mer mais qui a été démoli par les puissantes vagues de l'océan.
 
Le phénomène de l'érosion maritime progressive constitue une réalité tangible en Côte d'Ivoire. A plusieurs occasions, des appels ont été lancés pour des actions conjuguées des autorités, des experts et de la population pour une protection efficace de l'environnement.