Clash entre deux barons du FPI : Odette Lorougnon et Affi N’Guessan divisés…

  • 07/04/2014
  • Source : Le Mandat
A l’issue de l’Assemblée générale tenue par les femmes du FPI, le week-end, deux positions divergent sur la réconciliation des Ivoiriens chez les frontistes. Au moment où un camp appelle à la dissolution de la CDVR, l’autre appelle à l’union des femmes de Côte d’Ivoire pour reconstruire le pays.

C’était à la 4ème Assemblée générale ordinaire (AGO) de l’Organisation des femmes du Front populaire ivoirien (OPFI). La secrétaire nationale, Marie-Odette Lorougnon, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, ne parle plus le même langage avec le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan.

Celui-là même qui a décidé, contre toute attente, de mettre fin au dialogue politique, d’appeler au boycott du Recensement général de la population, de réclamer la dissolution de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) et d’annoncer de grandes ‘’actions de masse ciblées’’. Mais la présidente des femmes du FPI n’a pas perdu de vue la souffrance des Ivoiriens durant la dernière crise post-électorale.

A l’occasion de l’AGO qu’elle organisait les vendredi 4 et samedi 5 avril, la présidente de l’OFPI a refusé d’emboucher la même trompette que l’ex-prisonnier de Bouna. D’ailleurs, le thème qu’elle a choisi pour ces Assises était assez évocateur : « La reconstruction nationale : quelle contribution de la femme militante du FPI pour une Côte d’Ivoire démocratique et apaisée ? ».

Au terme de ces deux journées qui auront mobilisé plusieurs partis politiques et diplomates, Marie-Odette Lorougnon a finalement pris le contre-pied des déclarations de Affi N’Guessan. D’autant plus que la présidente de l’OFPI a dit, en face du président du FPI, qu’elle compte prendre une part dans le processus de réconciliation et de reconstruction de la Côte d'Ivoire.

« Les femmes du FPI ont décidé de reconstruire une Côte d'Ivoire solidaire, prospère et souveraine », a déclaré Marie-Odette Lorougnon par ailleurs, Secrétaire nationale chargée de la mobilisation du FPI. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, elle a fait savoir que les femmes du parti fondé par l’ex-Président Laurent Gbagbo « tendent leur main aux autres femmes de la Côte d'Ivoire ».

Tout en saluant la présence d'une délégation des femmes du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et du Parti ivoirien des travailleurs (PIT) à leur Assise. « Nous venons d'avoir des alliés de taille pour qu'on construise une Côte d'Ivoire solidaire (...) », a-t-elle ajouté.

Des propos qui ont, apparemment, laissé Affi N’Guessan sur sa faim. « Il faut que le FPI sorte de la torpeur et s'engage dans le combat pour la restauration de la Côte d'Ivoire. Vous êtes venues dire que le parti est increvable avec votre mobilisation », a-t-il indiqué en substance, aux femmes de l’OFPI.

Rappelons que Les travaux de cette quatrième Assemblée générale ordinaire de l'OFFPI qui ont démarré, vendredi, se sont déroulés à la résidence de l’ex-Première dame Simone Gbagbo à Moossou, dans le département de Grand-Bassam. « C'est ensemble que nous devons d'une seule et même voix exiger la libération de Laurent Gbagbo, de Simone et tous ceux qui sont détenus en prison », a souhaité Mme Lorougnon.

La présidente des femmes du FPI a tenu à préciser que le choix de la résidence de l'ex-Première dame pour la tenue de cette Assemblée générale ordinaire s'explique par le fait que « les femmes du parti veulent rendre hommage à une héroïne ». Le moins qu’on puisse dire, à travers la nouvelle mission de réconciliation de la présidente des femmes du FPI, c’est une douche froide que le président Affi vient de prendre.
 
FBI