Cameroun : Paul Biya réaménage son gouvernement en veillant à maintenir les équilibres

Après la nomination de Joseph Dion Ngute au poste de Premier ministre, le président camerounais a procédé à une redistribution de certains postes ministériels, vendredi 4 janvier. S'il y a eu quelques réaménagements, aucun changement n'est à noter dans les secteurs clés, qui restent aux mains de ses fidèles.


Après plus de deux mois d’attente, Paul Biya a finalement effectué un réaménagement à la tête de différents ministères. Suite à sa victoire à l’élection présidentielle du 7 octobre dernier, le président camerounais a légèrement modifié la structure de l’équipe gouvernementale, qui a conservé l’essentiel de ses cadres. Une surprise pour tous ceux qui attendaient un « grand nettoyage », notamment après le fiasco qui a abouti au retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations.

Très peu de nouveaux responsables ont, en effet, fait leur entrée dans ce tout premier gouvernement de l’ère Dion Ngute. Gabriel Mbairobe (Agriculture), Dodo Ndonke (Mine et industries), Célestine Ketcha Courtès (Développement urbain), Achille Bassilekin III (PME) et Manaouda Malachie (Santé) étant les seuls « bleus » à obtenir des portefeuilles, parmi la soixantaine en jeu. Dans leur grande majorité, les nominations du président Biya ont en réalité porté sur des changements de ministères.

Ainsi, exit la Communication pour le très remarqué Issa Tchiroma Bakary, qui rejoint le ministère de la Formation professionnelle. Il est remplacé par l’ancien ministre René Emmanuel Sadi, jusqu’à lors conseiller à la présidence de la République. Le ministre Bidoung Mkpatt rejoint les Arts et la culture, où il remplace Narcisse Mouellé Kombi, nouveau ministre des Sports et de l’éducation physique. Henri Eyebe Ayissi hérite du ministère du Domaine et affaires foncières, et Laurent Serge Etoundi Ngoa de l’Éducation de base. Ibrahim Talba Malla, ancien ministre et actuel directeur de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), est quant à lui nouveau ministre des Marchés publics.

Statu quo et promotions

Dans l’ordre de son équilibre gouvernemental, Paul Biya a soigneusement évité de toucher aux ministères clés de son gouvernement. Laurent Esso à la Justice, Beti Assomo à la Défense, Nganou Djoumessi aux Travaux publics et Louis-Paul Motaze aux Finances, ont tous conservé leurs fonctions. Idem pour le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, par ailleurs promu au rang de ministre d’État, tout comme Jacques Fame Ndongo de l’Enseignement supérieur, grand artisan de la victoire de Paul Biya à la dernière présidentielle. Même l’entrée de l’avocat Jean de Dieu Momo, ancien opposant, au poste de ministre délégué à la Justice, n’a pas réussi à donner une nouvelle coloration au premier gouvernement de ce nouveau septennat.

"LA NOUVELLE ÉQUIPE AURA LA LOURDE MISSION DE RELEVER UN PAYS ACTUELLEMENT MIS À MAL PAR UN CONFLIT DANS SA PARTIE OCCIDENTALE"

La nouvelle équipe aura la lourde mission de relever un pays actuellement mis à mal par un conflit dans sa partie occidentale, qui a de lourdes conséquences économiques et humanitaires. Paul Biya compte certainement sur son nouveau Premier ministre, juriste de formation, pour mener une barque qui semble naviguer à vue...


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