Burkina-Faso : Un maire et son chauffeur enlevés

En proie depuis quatre (04) ans à des attaques de plus en plus régulières et meurtrières, le Burkina Faso est également confronté à une multiplication d’enlèvements. Dans la soirée du jeudi 21 mars 2019, deux personnes dont le maire de Markoyé, commune située dans la province de l’Oudalan, dans le nord du Burkina Faso, ont été enlevées par des individus armés.


Cette information émane de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), un parti d’opposition Burkinabé qui a produit un communiqué à cet effet. « L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) informe ses militants, ses sympathisants et le peuple burkinabè que le camarade Mamoudou MAIGA dit Mehaou, maire de la commune de Markoye (province de l’Oudalan) élu sous la bannière de l’UPC a été enlevé ce jour 21 mars 2019 avec son chauffeur. L’enlèvement a eu lieu autour de 17 heures GMT, alors que le camarade MAIGA et son chauffeur regagnaient Markoye après un déplacement. L’UPC invite tous ceux qui auraient des informations permettant de retrouver M. MAIGA et son chauffeur à alerter les services de sécurité les plus proches.», précise le communiqué produit le jeudi 21 mars 2019.

Selon un habitant de la localité qui s’est confié au confrère AFP, l’enlèvement a été perpétré par  des individus armés roulant avec des motocyclettes sur l’axe routier Gorom-Gorom - Markoye. Le nord du Burkina, devenu le fief des groupes armés djihadistes, les enlèvements ou exécution d’élus et de fonctionnaires, notamment les enseignants sont devenus monnaie courantes. A en croire des sources sécuritaires, ce mode opératoire est une stratégie des djihadistes visant à faire déserter ces zones par les services étatiques. Lundi dernier, deux enseignants burkinabés, enlevés le 11 mars 2019 sur l’axe Djibo-Kongoussi, ont été retrouvés morts à Koutoukou, également dans le nord du pays. Dimanche, un prêtre burkinabé avait été enlevé près de Djibo, chef-lieu de la province du Soum, frontalière du Mali.

Le nord et l’est du Burkina Faso sont devenus des zones d’insécurité avec des attaques récurrentes. Attribuées principalement aux djihadistes d’Ansaroul Islam et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), celles-ci ont fait depuis 2015 plus de 300 morts, selon un comptage du confrère AFP.

Maxime KOUADIO