Awa Fadiga: Morte au Chu de Cocody parce qu'elle n'avait pas d'argent

  • 26/03/2014
  • Source : Lebabi.net
Le décès tragique d'un jeune mannequin émeut le net ivoirien depuis ce mercredi matin.

Cette jeune mannequin et commerçante ivoirienne de 25 ans a eu le malheur de se retrouver dans un taxi dans la nuit du dimanche 23 mars dernier à Abidjan. 

Après avoir quitté ses amis, Awa Fadiga emprunte un taxi compteur, seulement quelques heures plus tard mais elle est victime d'une agression du chauffeur et de son complice caché dans le coffre.Une méthode "classique" à Abidjan.

Seule face à deux hommes et refusant de coopérer elle est sauvagement poignardée et est laissée dans les environs du pont d'Agban Gendarmerie.Par la grâce de Dieu,seulement quelques heures plus tard, elle est retrouvée par un gendarme sur le pont de Agban, grièvement blessée et inconsciente. Ce dernier la transporte au Chu de Cocody mais de 22h à 13 h du matin, selon des témoignages, elle ne recevra aucun soin car n’ayant ni argent, ni parent sur place pour payer les premiers soins.

La gendarmerie du Mirador d’Adjamé entre temps alertée par des passants va procéder à la fouille de son sac pour tenter de trouver un contact parental. Ils butteront sur une téléphone verrouillé mais, finiront par retrouver un reçu d’Orange Money sur lequel était mentionné le numéro d’un de ses parents.

C’est au environ de 13h, à l’arrivée de certains de ses proches, que les médecins leurs recommandent de faire passer un scanner à Awa pendant qu’elle était dans le coma qui révèlera par la suite un traumatisme crânien, elle ne survivra pas et succombe.

En effet, le personnel de santé trouvé à l'arrivée sur les lieux exigera sans équivoque le paiement d'une somme avant tout premiers soins, somme que personne n'aura pour que ces derniers soient assurés.

Avisés lundi, les parents d’Awa vont se rendre aux environs de 13h au CHU de Cocody . Ces derniers auront alors la désagréable surprise de constater que leur progéniture n’a jusque là bénéficié d’aucun soin approprié et se verront mettre la pression pour payer les frais d’ambulance nécessaires au transport de leur fille vers le Scanner. 

« Chose étonnante pour nous, c’est qu’on a retrouvé son sac à mains avec tout son contenu, argent, téléphone, portable, documents administratifs… mais c’est parce qu’elle n’a pas reçu de soin des médecins que ma fille est morte…», explique la tante de cette dernière, encore sous le choc du drame.

Le CHU en question ne souhaitera s'exprimer sur ce qui s'apparente à un nouveau drame social aussi abjecte qu'à l'image de certaines réalités d'un pays où tout est bien souvent question argent et ce même jusque dans les fondamentaux de l'humanité.

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