Accusant l’Etat de lui exproprier ses terres, le peuple Ebrié en appelle à l’arbitrage d’Alassane Ouattara

  • 25/04/2014
  • Source : Ivoire-Presse
Plusieurs chefs Ebrié se sont réunis jeudi dans le village d’Anono dans la commune de Cocody. Avec pour point à l’ordre du jour, dénoncer le refus de l’Etat de faire face à ses engagements vis-à-vis du peuple Ebrié, propriétaire terrien de la capitale économique Abidjan, assujettie à une exploitation abusive de la part de l’Etat au mépris des protocoles d’accord signés, dont les plus anciens remontent du temps de la colonisation.

D’entrée, Edouard Guidy, ancienne gloire du football ivoirien et expert en foncier a précisé que tous les problèmes que vivent la Côte d’Ivoire depuis plusieurs décennies n’ont qu’une seule origine « le foncier ».

Après avoir faire l’historique de tous les protocoles d’accord, signés pour le plus ancien en 1886 avec le colonisateur fixant les limites du territoire appartenant au peuple Ebrié ou Tchaman, allant de Dabou à la Comoé d’ouest en Est, et de l’Océan atlantique à Anyaman du sud au nord ; Edouard Guidy a évoqué l’article 17 de la déclaration universelle des droits de l’homme, stipulant que « la propriété est un droit inviolable et sacré » pour fustiger le comportement de mépris affiché par les régimes successifs envers le peuple Ebrié, en exploitant à souhait et de façon abusive sa propriété foncière, sans aucun dédommagement ni compensation en contrepartie.
 
Il en veut pour preuve les quartiers de la Riviera et ceux avoisinant qui ont été bâti sur 1800 ha appartenant au peuple Tchaman, le site abritant l’Université, toute la zone allant vers Bingerville, et plus récemment le futur boulevard de France prolongé, dont « extraordinairement » selon le chef du village d’Anono le Docteur Léon Raymond Ahouo, le diamètre de ce boulevard serait passé de 45m à 70m, dans son emprise traversant ledit village.
 
Non sans vouloir s’opposer au programme de développement lancé par les autorités actuelles notamment concernant les infrastructures, le Peuple Tchaman estime qu’il aurait pu être associé peut-être pas dans sa conception, mais dans sa phase d’explication et de sensibilisation à l’endroit des populations, ce d’autant plus que des protocoles d’accord existent entre lui et l’Etat.

Celui du 9 janvier 1970 attend toujours que l’Etat puisse faire face à ses engagements. Et ceux également pour les nombreux autres protocoles se trouvant dans la même situation.
 
Le peuple Ebrié, qui se dit soucieux de la préservation de la paix et de la cohésion sociale vu que le pays en a énormément besoin ne souhaite aucunement s’engager dans un bras de fer avec l’Etat, mais en appelle à l’arbitrage du Chef de l’Etat Alassane Ouattara, dont les chefs Ebrié disent croire qu’il est ignorant de tous ces actes d’expropriations « savamment orchestrés » par certains de ses collaborateurs, au motif d’incarner l’autorité de l’Etat.

Le chef de l’Etat reste l’ultime recours du peuple Tchaman, après que toutes les demandes d’audiences avec certaines autorités jugées à même de porter le problème, soient restées sans suite. Le peuple Ebrié souhaite donc rencontrer Alassane Ouattara pour évoquer avec lui cette situation, qui si elle n’est réglée pourrait menacer gravement l’existence de ce peuple, propriétaire terrien de la capitale économique ivoirienne.