Gadji Celi : Le PSG, le Stella, l’ASEC, la musique et moi

Les débuts

A 16 ans, Gadji Celi évolue au Stella Club d’Abidjan. “Musicien’’ depuis toujours, celui qui  « tapageait » dans les rues de Koumassi avec son groupe de batteurs « de vieilles casseroles et marmites », transporte cette ambiance dans les vestiaires et le car du club bleu et rouge. Loin d’être agacés, ses coéquipiers l’encouragent. D’autant plus que cela permettait de détendre un peu l’atmosphère avant les matchs. Une tactique qui s’est avérée payante comme s’enorgueillit presque Gadji Celi. « Avant mon arrivée au Stella en 1978, le club n’avait jamais été champion de Côte d’Ivoire. Je suis arrivé au cours de la Saison 78-79. On a été Champion de Côte d’Ivoire et on l’a été en 1981, en 1984. L’équipe a été championne de Côte d’Ivoire avec moi à trois reprises ».

L’aventure européenne

Ensuite, celui qu’il convient donc d’appeler Monsieur La Chance rêve de découvrir le football professionnel. « J’avais 29 ans, j’étais capitaine des Eléphants de Côte d’Ivoire. J’avais envie d’autres sensations. Je n’ambitionnais pas de faire une grande carrière. Mon rêve était de découvrir le monde professionnel en Europe. J’ai signé à Sète où j’ai fait trois bonnes saisons à l’issue desquelles j’avais été contacté par le Paris Saint-Germain, à l’époque où Francis Borelli était le président du club». Les négociations avec le PSG n’aboutiront finalement pas. « Malheureusement, mon club qui m’a pris au Stella à moins que rien, a exigé un prix exorbitant. Le PSG a abandonné le projet surtout que j’étais étranger. Il y  avait un quota de deux étrangers par club à cette époque. Mon club ne voulant pas baisser le prix, cela m’a cassé moralement et j’ai décidé de retourner en Côte d’Ivoire. Je suis allé à l’ASEC. »

Le retour au pays

Le choix de l’ASEC n’est pas fortuit. Gadji Celi, devenu « professionnel » ne pouvait pas retourner au Stella qui n’avait pas les moyens de le payer et de le faire travailler dans de bonnes conditions, pour reprendre ses termes. « Je venais de France où il y a des installations de qualité. Ce que mon club formateur n’avait pas. J’étais professionnel. Ce n’était pas possible, soyons réaliste. Mais il faut dire que c’est l’ASEC et l’Africa qui avaient fait la démarche pour me prendre. J’ai choisi l’ASEC Mimosas parce qu’il y avait un projet qui m’intéressait et que de l’autre côté, il y avait Simplice Zinsou avec qui j’étais en duel depuis le Stella. Il ne me supportait pas et usait de son réseau de journalistes pour me casser. Finalement, le choix de l’ASEC a été une réussite » explique-t-il.

Avec l’ASEC, pendant trois ans, Gadji Celi enchaîne les victoires. Jamais, de toute l’histoire du football ivoirien club n’avait été invaincu aussi longtemps.  

La reconversion

Après la Coupe d’Afrique des Nations 1992, que son équipe remporte, Gadji prend sa retraite pour se consacrer entièrement à sa passion première : la musique. « Jusque-là, je faisais les deux. Je chantais pendant que je jouais au football. C’était une manière pour moi de préparer ma reconversion dans la musique. Parce que j’avais toujours dans un coin de ma tête, l’idée de faire carrière dans la musique. Mais avant cela, je faisais des chansons à la gloire des équipes de l’ASEC et des Eléphants. C’est lorsque j’ai arrêté définitivement le football après Sénégal 92 que j’ai décidé de me consacrer entièrement à la chanson. »