Un séisme meurtrier de magnitude 7,2 touche la frontière Iran-Irak

Un séisme de magnitude 7,2 a secoué la région frontalière entre l'Iran et l'Irak dimanche soir, avec des secousses ressenties jusqu'en Turquie. Le bilan humain est passé à plus de 300 morts et plus de 2500 blessés côté iranien.

Un puissant séisme a frappé dimanche 12 novembre le nord-est de l'Irak, à la frontière iranienne. De magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter, le tremblement de terre a fait 328 morts et 2 500 blessés côté iranien, selon un nouveau décompte donné lundi par les autorités iraniennes.

À ce bilan s'ajoutent six morts en Irak, dans la province de Souleimaniyeh, dans le Kurdistan irakien, d'après des chiffres encore provisoires.

L'épicentre du séisme se situait au sud-ouest d'Halabja, dans la province irakienne de Souleimaniye, selon l'Institut géologique américain (USGS). Des secousses ont été ressenties à Bagdad et Téhéran.


Des secousses ressenties jusqu'en Turquie

"La secousse a été ressentie dans plusieurs provinces iraniennes frontalières avec l'Irak (...). Huit villages ont été endommagés (...). L'électricité a été coupée dans certains villages et des équipes de secours ont été envoyées dans ces régions", a déclaré la télévision iranienne.

Le séisme a provoqué des mouvements de panique à Bagdad. Des scènes similaires se sont produites à Erbil, la capitale du Kurdistan autonome irakien, et dans d'autres villes du nord de l'Irak. Plusieurs dégâts matériels ont été enregistrés.

Les habitants de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, ont dit eux aussi avoir ressenti une forte secousse, mais aucune victime n'y a été signalée dans l'immédiat.

Une situation "très critique"

Plus de 97 % des victimes se trouvaient dans la ville de Sarpol-e-Zahab, située à quelque 15 kilomètres de la frontière avec l'Irak. Le principal hôpital de cette localité a été gravement endommagé, ce qui complique le traitement des centaines de blessés, rapporte la chaîne de télévision publique iranienne.

En Irak, les dégâts les plus importants ont été constatés dans la ville de Darbandikhan, située à 75 kilomètres de la ville de Sulaimaniyah du Kurdistan autonome.

"La situation sur place est très critique", a expliqué le ministre de la Santé kurde Rekawt Hama Rasheed. Le principal hôpital du district est très endommagé et est privé d'électricité, a poursuivi le ministre, précisant que de ce fait les blessés sont emmenés à Sulaimaniyah pour être soignés.

En Irak, à Darbandakhan, et en Iran dans la province d'Ilam, frontalière de l'Irak, les autorités ont appelé les habitants à dormir à l'extérieur des maisons et parfois à se déplacer par précaution. Certaines zones des deux pays sont privées d'électricité en raison du séisme.

De précédents tremblements de terre

En décembre 2003, un séisme avait anéanti la ville historique de Bam en Iran, dans la province de Kerman. Au moins 31 000 personnes avaient été tuées.

En avril 2013, l'Iran avait subi à quelques jours d'intervalle deux séismes de magnitude 6,4 puis 7,7, la plus forte secousse depuis 1957 dans ce pays. Ils avaient fait une quarantaine de morts en Iran et autant au Pakistan voisin.

En juin 1990, un séisme d'une magnitude de 7,4 en Iran près de la mer Caspienne avait fait 40 000 morts, plus de 300 000 blessés et 500 000 sans-abri. En quelques secondes, une superficie de 2 100 km2, comprenant 27 villes et 1 871 villages repartis sur les provinces de Ghilan et de Zandjan, avait été dévastée.

Avec Reuters et AFP