Mort de James Mancham, premier président des Seychelles

Le premier président des Seychelles, James Mancham, qui ne resta qu'un an au pouvoir avant d'être renversé par un coup d'Etat, est mort dimanche à 77 ans, ont déclaré son neveu et son entourage.

L'ancien homme politique et avocat, qui rédigea plusieurs livres et fit la promotion de ses îles de l'océan Indien pendant sa retraite, a été retrouvé mort à son domicile.

"Ce main, sa femme nous a dit que M. Mancham ne bougeait pas et nous l'avons fait transporter à l'hopital", a déclaré un de ses gardes, Philippe Figaro.

"Les médecins ont confirmé sa mort", a ajouté un neveu de l'ancien président, Derick Pothin.

Mancham s'était initialement opposé à l'indépendance des Seychelles, colonie britannique, mais cela ne l'empêcha pas de remporter, de justesse, la première présidentielle en 1976.

Il fut renversé l'année suivante par un coup d'Etat sans effusion de sang, dirigé par le Premier ministre France-Albert René, qui fit de l'archipel un pays socialiste à parti unique.

En 1981, des mercenaires sud-africains sous le commandement du colonel britannique "Mad Mike" Hoare tenta de rétablir Mancham au pouvoir par un coup d'Etat pro-occidental.

Ils s'étaient déguisés en touristes pour entrer dans le pays mais une arme fut découverte dans leurs bagages à l'aéroport et une fusillade éclata.

Le commando détourna alors un avion d'Air India sur Durban en Afrique du Sud où ils furent arrêtés.

Selon la Commission post-apartheid vérité et réconciliation, le gouvernement sud-africain de l'époque avait été mêlé à la préparation de la tentative de coup d'Etat.

Après son renversement, James Mancham vécut en exil avant de regagner son pays en 1993, alors que le pays rétablit le multipartisme. Il se présenta de nouveau à la présidence en 1998 mais fut battu par France-Albert René.

Les Seychelles sont un achipel formé par 115 îles au large de la côte est de l'Afrique, qui vit essentiellement du tourisme de luxe et de la pêche.