Maroc : les autorités ordonnent la fermeture des écoles du réseau turc Gülen

L’homme exilé aux Etats-Unis est à la tête d’un mouvement qui compte un réseau d’écoles, d’ONG et d’entreprises.

Les autorités marocaines ont fixé un délai d’un mois pour la fermeture des écoles liées au prédicateur turc Fethullah Gülen, a annoncé jeudi 5 janvier le ministère de l’intérieur dans un communiqué.

Cette décision est prise plus de quatre mois après la visite d’une délégation de parlementaires turcs dans le royaume pour convaincre les autorités de la « dangerosité » du mouvement Gülen, auquel Ankara impute la tentative de putsch du 15 juillet contre le président turc Recep Tayyip Erdogan.

« Les investigations sur les établissements du groupe Mohamed Al-Fatih, liés au Turc Fethullah Gülen, ont montré qu’ils utilisent le secteur de l’enseignement pour répandre l’idéologie de ce groupe et des idées contraires aux principes du système éducatif et religieux marocains », a expliqué le ministère de l’intérieur.

Le ministère n’a toutefois pas précisé combien d’écoles ou d’élèves sont concernés, mais il a assuré que le gouvernement « œuvrera pour que ces élèves poursuivent leurs cursus » dans d’autres établissements.

« Organisation terroriste »

Le Maroc est cité par les autorités turques comme un pays où le mouvement de Fethullah Gülen aurait des relais, notamment financiers. A la fin d’août, un responsable des écoles mises en cause a réfuté dans la presse locale tout lien « politique » avec ce mouvement. Sept établissements étaient alors concernés, dont trois à Casablanca, comptant 2 500 étudiants, dont 2 470 Marocains, selon ce même responsable.

Ancien allié du président Erdogan, qui en a fait sa bête noire, M. Gülen nie toute implication dans le coup d’Etat manqué de cet été. L’homme, exilé aux Etats-Unis, est à la tête d’un mouvement appelé Hizmet (« service », en turc), qui compte un réseau d’écoles, d’ONG et d’entreprises.

La Turquie, qui considère ce mouvement comme une « organisation terroriste », a demandé aux Etats-Unis à plusieurs reprises l’extradition de Fethullah Gülen, sans résultat. Après le putsch avorté, les autorités turques ont lancé une vaste purge, dans les rangs de l’armée, de la police, de la fonction publique et des médias.

 


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