L’ONU réclame l’application rapide de l’accord sur la transition en RDC

L’Eglise catholique continuera d’assurer la médiation entre le pouvoir et l’opposition jusqu’au départ de Joseph Kabila.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a enjoint, mercredi 4 janvier, le pouvoir et l’opposition congolais d’appliquer rapidement et complètement l’accord prévoyant la cogestion de la République démocratique du Congo (RDC) entre la fin du mandat du président Joseph Kabila et l’élection de son successeur.

Dans une déclaration unanime, proposée par la France, les 15 pays membres réaffirment l’importance d’organiser des élections crédibles avant la fin de l’année.

Pouvoir et opposition sont parvenus in extremis, le 31 décembre 2016, à trouver un terrain d’entente après quinze jours de négociations. Le compromis passé à l’issue d’une médiation conduite par l’Eglise catholique prévoit que le président Joseph Kabila, dont le mandat s’est achevé le 19 décembre à minuit et à qui la Constitution interdit de se représenter, restera en place pour une année supplémentaire.

En contrepartie, l’opposition doit diriger un gouvernement de transition jusqu’aux nouvelles élections prévues fin 2017.

Le Conseil de sécurité espère « que l’accord sera mis en œuvre sans délai, en toute bonne foi et dans son intégralité, conformément à la Constitution congolaise », tout en encourageant les partis politiques qui ne l’ont pas encore signé à le faire.

Il recommande d’organiser des élections présidentielle et législatives « crédibles et inclusives (…) qui se déroulent dans le calme et en temps voulu », au plus tard en décembre 2017, de façon à permettre« une transmission pacifique du pouvoir ».

Préparer les élections

Le conseil demande au gouvernement de « prendre sans plus attendre toutes les mesures nécessaires pour accélérer » la préparation de ces élections.

Pour l’ambassadeur français François Delattre, l’accord du 31 décembre représente « une réelle percée » et il s’agissait de « mettre tout le poids du Conseil en soutien à cet accord très rapidement ».

Mercredi, Joseph Kabila a accepté de reconduire la médiation de l’épiscopat pour faciliter l’application de l’accord jusqu’à l’élection de son successeur, a-t-on appris des sources concordantes. C’était l’une des conditions posées par la coalition au pouvoir pour maintenir sa participation aux négociations.

« Les choses sont claires après l’échange entre les évêques et le président de la République qui leur a demandé de tout faire pour mettre en application l’accord », a déclaré à l’AFP une source ecclésiastique.

M. Kabila, âgé de 45 ans et au pouvoir depuis 2001, ne peut briguer un nouveau mandat. Le 20 décembre, au lendemain de la fin de son mandat, au moins 40 personnes, selon l’ONU, ont été tuées lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.


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