Burkina/procès: les militaires qui projetaient d'attaquer une prison nient les faits

Neuf des 27 militaires burkinabè accusés d'avoir projeté fin 2015 de libérer des collègues emprisonnés après un putsch raté ont nié les faits lors d'une audience vendredi à Ouagadougou, a constaté l'AFP.

"J'ai été informé qu'il y avait une réunion chez le caporal Madi Ouédraogo, principal accusé. J'y suis allé. Il a dit qu'il voulait qu'on aille libérer le général (Gilbert Diendéré) et attaquer la poudrière. On était trois. Je n'ai rien dit et je suis parti", a déclaré à la barre le caporal Alexis Mambonné.

"Je suis reparti chez lui le lendemain pour lui dire que son projet est insensé, mais je n'ai pas trouvé Madi chez lui", a-t-il poursuivi.

Comme lui, certains ont reconnu s'être rendus au domicile privé de Madi Ouédraogo. Mais aucun ne reconnait avoir projeté de s'attaquer à un dépôt d'armes de l'armée près de Ouagadougou et à la Maison d'arrêt et de correction des armées (MACA) pour libérer les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé ainsi que leurs camarades incarcérés dans le cadre du putsch manqué de septembre 2015.

Certains prévenus ont cependant reconnu les faits de "détention d'armes illégale" ou de "détention illégale de munitions de guerre".

Le procès a été suspendu à l'issue de l'audition des neuf prévenus et reprendra samedi avec l'audition du reste des accusés.

Au total 27 militaires dont vingt-trois soldats et quatre sous-officiers, tous membres de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré, se sont présentés à la barre. Un civil, un imam présenté comme un des marabouts des prévenus figurent également parmi les accusés.

Les militaires avaient été arrêtés fin décembre 2015.

Il sont tous poursuivis pour "associations de malfaiteurs", "détention illégale d'armes à feu et de munitions" et de "complicité". Ils risquent la peine de mort.

Selon le parquet, les accusés voulaient également attaquer des brigades de gendarmerie à Ouagadougou et un dépôt d'armes de l'armée situé près de la capitale.

Les prévenus projetaient en cas de réussite de leur projet d'exiger la reconstitution du RSP, dissout après son putsch manqué de septembre 2015, de réclamer la réintégration au sein de l'armée de centaines de soldats radiés en 2011 après des mutineries et d'exiger le versement de primes qu'ils n'auraient pas perçu après leur retour d'une mission onusienne.